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Mordu du vélo

Prendre son vélo pour se rendre au travail. C'est amusant, facile et bon pour la santé. Pourquoi ne pas essayer?   

De gauche à droite : Beth McKechnie, Dan Prowse, Andrea Tetrault et Rachel Prowse.
De gauche à droite : Beth McKechnie, Dan Prowse, Andrea Tetrault et Rachel Prowse.
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Les bienfaits du vélo pour la santé

PAR HOLLI MONCRIEFF
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, mai / juin 2013

Pendant que les autres navetteurs sont prisonniers de leurs automobiles au beau milieu d'un embouteillage, Beth McKechnie roule tranquillement à vélo sur un sentier pittoresque, en contemplant les beautés de la nature.

Seulement quelques minutes après avoir quitté sa maison de West Kildonan la plupart des matins, Beth emprunte la piste cyclable North Winnipeg Parkway, qui suit la rue Scotia. Ce trajet la mènera vers le sud, en passant par le parc St. John's, sous le pont Redwood, pour aboutir au parc Michaëlle-Jean. Elle finira par traverser l'avenue Higgins, jusqu'à la promenade Waterfront Drive, avant d'arriver à son bureau, au Green Action Centre, à l'intersection de l'avenue Portage et de la rue Donald.

En voiture, durant l'heure de pointe, ce trajet de huit kilomètres pourrait représenter au moins 30 minutes de frustration. Toutefois, Beth McKechnie parcourt cette distance en 25 minutes ou moins, un pur bonheur.

« J'essaie de rouler le long de la rivière autant que possible, dit-elle. J'adore regarder les oiseaux et le soleil miroiter sur l'eau; le chant des oiseaux a été particulièrement agréable dernièrement. L'une des choses que j'aime de ce trajet est l'abondance des arbres. L'eau et les arbres ont un effet calmant. »

Beaucoup de gens pensent comme Beth McKechnie. Au cours des cinq dernières années, le nombre de personnes qui se rendent au travail à vélo a explosé. Bike Winnipeg signale une augmentation de 64 % des navetteurs à vélo entre 2007 et 2012. Quelque 13 000 Winnipegois se rendent au travail à vélo chaque jour. Ce nombre devrait continuer d'augmenter, alors que la ville aménagera plus de pistes cyclables et que les entreprises trouveront de nouvelles façons de répondre aux besoins des employés qui se déplacent à bicyclette.

Shoni Litinsky, 27 ans, qui travaille pour le programme Écoliers actifs et en sécurité, a remarqué une augmentation du nombre de cyclistes sur la route. « C'est agréable de se rendre au travail à vélo et de voir autant de gens qui font de même. On se sent plus en sécurité dans la circulation lorsqu'il y a beaucoup d'autres cyclistes, dit-elle. J'aime aussi faire partie de la communauté des cyclistes, on y rencontre beaucoup de personnes intéressantes. »

La popularité grandissante du vélo s'explique facilement. Cette activité est plaisante, facile, peu coûteuse et écologique, explique Dan Prowse, un ingénieur électricien de 63 ans qui se rend au travail tous les jours à vélo, même en hiver.

« J'ai eu cinq enfants en ayant un seul revenu. Je suis donc vraiment économe. C'est difficile de trouver mieux que la marche ou le vélo, ajoute Dan Prowse. Je n'ai jamais pris de voiture pour aller travailler. C'est une honte de gaspiller l'énergie non renouvelable. »

Le fait de se rendre au travail à vélo est aussi bon pour la santé et le bien-être, affirme Sarah Prowse,  coordonnatrice de la promotion de l'activité physique auprès de la Région sanitaire de Winnipeg. Elle explique que ses deux trajets quotidiens de 15 minutes à bicyclette représentent 150 minutes d'exercice par semaine, soit la recommandation minimale pour rester en santé. Une telle pratique peut réduire les risques de maladies du cœur, de diabète de type 2, de décès prématuré, et de certains cancers, tout en contribuant au maintien d'un poids santé.

« Il a été démontré que la pratique régulière d'une activité physique améliorait la qualité de vie, la santé mentale et le contrôle des émotions, affirme-t-elle. En vous rendant au travail à vélo, vous pouvez intégrer l'activité physique à votre horaire chargé. Les déplacements actifs entre la maison et le travail sont une excellente façon de commencer et de finir la journée. Vous vous sentirez plein d'énergie et vous pourrez passer du temps dehors. »

Pour Krista Muller, une infirmière du Centre des sciences de la santé, les déplacements à vélo pour se rendre au travail sont souvent ses seules occasions de faire de l'activité physique.

« Je me suis toujours intéressée à l'exercice et à la bonne condition physique, mais il est difficile de trouver du temps dans ma journée pour faire de l'exercice, explique Krista Muller, 45 ans. Je suis contente de donner l'exemple à ma famille en faisant du vélo. »

Les bienfaits des déplacements actifs entre la maison et le travail ne concernent pas seulement la santé.

L'un des nombreux aspects qui motivent Sean Madden est l'occasion de passer du temps avec sa fiancée. Sean Madden, qui travaille pour la ville de Winnipeg, a encouragé Shoni Litinsky à commencer à faire du vélo avec lui lorsqu'ils étaient de simples collègues de travail.

« Nous pouvions passer du temps ensemble à vélo la plupart des matins, et souvent aussi l'après-midi. Nous pouvions rouler côte à côte en discutant, dit-il. Je peux vous assurer que je ne suis pas de si bonne humeur au volant, peu importe le temps qu'il fait. »

Malgré la popularité grandissante du vélo, beaucoup de gens doutent encore de son côté pratique. Toutefois, l'utilisation du vélo pour aller au travail est moins exigeante qu'elle n'en a l'air, explique Dan Prowse. Il a trouvé une solution à chaque problème et ne craint pas d'attirer les regards. En hiver, il porte des lunettes protectrices munies d'un ventilateur à piles pour éviter que les verres s'embuent et a le visage recouvert d'un passe-montagne. Il sort souvent en plein hiver vêtu d'un short, en gardant les jambes nues. Vous avez bien lu, il porte des culottes courtes!

« Je porte un short le plus souvent possible, même durant la période des fêtes. J'ai constaté que mes jambes prenaient la même température que mon visage, dit-il. En gardant son corps, sa tête et ses mains au chaud, Dan Prowse affirme qu'il peut rouler les jambes nues à des températures sous la barre du zéro. « À -10 degrés Celsius, c'est de la petite bière, dit-il. C'est comme un sauna inversé, on devient éclatant. »

Lorsque le soleil se couche plus tôt en hiver, M. Prowse s'assure d'être bien visible dans la noirceur. « La visibilité représente un énorme défi en hiver. Je ressemble à un arbre de Noël; j'ai des clignotants sur mes chaussures, sur mon sac à dos et à l'arrière de mon vélo. Tout peut être géré. Il est plutôt satisfaisant d'avoir des défis à relever dans notre mode de vie sédentaire et d'y parvenir », ajoute-t-il.

Certaines personnes se privent d'aller travailler à vélo par crainte de ne pas avoir l'air professionnel une fois arrivées au boulot. Andrea Tetrault, une graphiste de 43 ans, mère de deux enfants, explique que cet aspect a été problématique pour elle lorsqu'elle a commencé à se rendre au travail à vélo, l'hiver dernier.

« Je portais les lunettes protectrices de mon mari, des gants d'éboueurs et des pantalons de ski. Il m'a fallu une série d'essais et d'erreurs pour trouver le parfait attirail hivernal, ajoute Mme Tetrault. J'arrivais au bureau en nage, dégoulinante de sueur et dégoûtante. »

Elle a éventuellement réussi à régler le problème. Elle laisse désormais ses chaussures au bureau et apporte ses vêtements de travail et une serviette. Pour coiffer ses cheveux naturellement bouclés, elle porte une queue de cheval pour le trajet et garde un fer à friser au bureau.

« J'essaie d'apporter des vêtements qui ne se froisseront pas trop. Une fois ma toilette terminée, personne ne peut savoir que j'étais à vélo 15 minutes plus tôt, affirme Andrea Tetrault, qui fait une toilette rapide au bureau avant de changer de vêtements. Il y a toujours moyen de contourner les obstacles. »
Pour Rachel Prowse, la planification est la clé d'une apparence soignée. La diététiste apporte ses vêtements de travail et de l'eau, ainsi que des vêtements de rechange lorsqu'elle a une activité après le travail.

« J'essaie de tout préparer la veille. Il m'a fallu toute une saison de vélo pour savoir quoi faire en toute circonstance. Sans planification, les choses sont vraiment compliquées, affirme Rachel Prowse, 23 ans, qui laisse aussi ses chaussures au bureau. Elle noue ses cheveux dans un chignon bas pour faire du vélo et garde un fer plat au travail. « À vélo, je porte habituellement un short et un chandail sans manches. Je porte souvent une robe pour éviter d'avoir chaud. »

Le manque de temps ou la distance trop importante entre la maison et le travail représentent d'autres obstacles.

« En vous rendant au travail à vélo, vous pouvez gagner du temps, car vous faites de l'exercice par le fait même, mais c'est toujours une question de préférence personnelle. Ça dépend quand et comment vous voulez faire votre activité physique, ajoute Beth McKechnie. Beaucoup de gens peuvent s'inquiéter de leur condition physique. Je les encourage à faire une partie du trajet en voiture, puis le reste à vélo, jusqu'à ce qu'ils soient plus en forme. »
Plusieurs cyclistes de la région déplorent le manque d'infrastructures, bien que la situation soit en constante évolution.

« Dans certaines parties de mon trajet, je dois prendre des risques et j'ai l'impression de ne pas avoir de place sur la voie publique. Les infrastructures pourraient être améliorées sans aucun doute. Il y a des lacunes, affirme Sean Madden, 30 ans, qui a fait du vélo à New York, Portland, Chicago et Minneapolis. Nous semblons avoir dix ans de retard par rapport à d'autres villes en ce qui concerne les infrastructures aménagées pour les cyclistes. »
Bien que Sean Madden n'ait jamais été gravement blessé à vélo, il a été frappé par un véhicule qui effectuait un virage. Il a aussi été tamponné et pris par surprise par des voitures.

« La commodité et la sécurité du réseau cyclable pourraient être améliorées. À certains endroits, on ne sait plus où aller, on est forcé de quitter la piste cyclable ou de monter sur le trottoir. Il faudra des améliorations continues pour qu'une majorité de Winnipegois se sente à l'aise à vélo. »

Beth McKechnie explique que les gens qui souhaitent commencer à utiliser leur vélo pour se rendre au travail peuvent améliorer leur niveau de sécurité et de confort en planifiant leur trajet. « Les gens croient par erreur qu'ils doivent emprunter le même trajet qu'en voiture, dit-elle. Rendez-vous au travail à vélo pour la première fois durant la fin de semaine pour ne pas avoir de pression. Si vous connaissez quelqu'un ou avez un voisin qui est un cycliste aguerri, demandez-lui de faire le trajet à vélo avec vous la première fois. »

Les conducteurs hostiles sont les pires obstacles rencontrés par Shoni Litinsky. « Il a été difficile pour moi d'apprendre à communiquer efficacement avec les automobilistes les premières années, mais personne ne m'a klaxonné ou n'a crié après moi depuis un bon bout de temps. La tension vient du fait que les automobilistes ne connaissent pas vos intentions. Vous devez réfléchir comme eux, dit-elle. Certaines personnes sont simplement contrariées par votre présence sur la route, mais ne vous laissez pas arrêter par ça. »

Krista Muller vit à Saint-Vital sud et n'a jamais eu d'incident à vélo. Elle croit que c'est grâce aux pistes cyclables bien entretenues dans son quartier.
« Essayez le vélo pendant un mois et vous apprécierez les bienfaits. Cherchez un bon itinéraire et procurez-vous un casque, dit-elle. Ça ne coûte pas cher comparativement à un abonnement au gym ou à un plein d'essence. Vous n'avez pas besoin d'un vélo de luxe. »

Il n'est pas nécessaire d'avoir du matériel sophistiqué. Un bon casque vous coûtera 50 $ et à peu près n'importe quel vélo fera l'affaire. « Je possède un vieux vélo à 10 vitesses pour l'été et un vieux vélo à une vitesse pour l'hiver. Je n'ai pas besoin d'un vélo spécial, tant que je peux rouler rapidement. J'aime les garde-boue et les porte-bagages, ajoute Sean Madden. J'ai un très bon cadenas. Puisque mon vélo n'est pas très beau, je n'ai pas à me soucier de l'endroit où le je laisse. »

La liberté que procure le vélo peut créer une accoutumance. Anders Swanson, 34 ans, préfère de loin enfourcher son vélo que d'attendre l'autobus ou d'être coincé dans la circulation. Il se rend à vélo presque partout, parfois même à son entraînement de hockey, trimballant son équipement de gardien de but dans une remorque pour vélo. « Je me déplace à bicyclette parce que c'est plus simple. Je ne fais pas de randonnée à bicyclette pour le simple plaisir, mais c'est certainement plus amusant que d'être assis dans un autobus et beaucoup plus plaisant que de conduire. Chaque fois que je prends le volant, je me sens coincé. Le vélo, c'est la liberté, affirme ce consultant qui a préparé des cartes des pistes cyclables pour de nombreux événements régionaux.
C'est aussi de cette façon que je m'oblige à faire de l'exercice. C'est exactement parce que je ne considère pas le vélo comme de l'exercice que j'aime en faire. S'il m'arrivait de voir le vélo comme de l'exercice, j'arrêterais probablement d'en faire et je me commanderais une pizza. »

Anders Swanson  aime aussi la possibilité de s'arrêter pour discuter avec des amis qu'il croise en chemin ou de changer d'itinéraire sur le champ.

« Les beaux côtés de la vie s'appliquent aussi au vélo. Le vélo change notre milieu de vie. Il transforme la ville en une entité vivante et vive, plutôt qu'en une série de points déconnectés, dit-il. Au volant d'une voiture, nous nous transformons en espèces de robots sans vie qui ont pour seule mission de conduire cette créature roulante. Je suis réellement étonné de voir le nombre de personnes qui peuvent se payer une voiture. »

Il est plus facile de trouver la motivation de pédaler lorsqu'on sait à quel point on se sent bien, mentionne Beth McKechnie. « Je peux trouver toutes sortes d'excuses le matin, comme le temps qu'il fait, la réunion prévue dans ma journée, la coiffure gâchée par le casque, dit-elle en riant. Mais c'est tellement mieux quand je file sur mon vélo. C'est vraiment un moment de relaxation. J'arrive à la maison ou au travail plus alerte et j'aime le fait de décider de mon emploi du temps. Je pars quand je suis prête. »

Andrea Tetrault est motivée par les incitatifs. Elle vient tout juste de terminer un défi de 30 jours durant lequel elle devait faire du vélo tous les jours d'avril. « J'aime manger. Deux séances quotidiennes de vingt-cinq minutes d'activité aérobique de faible intensité permettent de consommer une bonne quantité de calories, et je me sens mieux lorsque j'ai fait du vélo, dit-elle. Elle s'est déjà rendue au travail à vélo durant une semaine où il faisait -45 oC avec le refroidissement éolien. « Je me suis dit que si j'arrivais à faire du vélo dans ces conditions, je pourrais en faire dans n'importe quelles situations. Une fois la semaine terminée, je me suis récompensée avec une excellente bouteille de Pinot noir. »

La majeure partie des obstacles auxquels sont confrontés les cyclistes peuvent être surmontés, affirme Dan Prowse, en ajoutant que les Européens ont bien compris le cyclisme. « On voit tous ces gens de tous les âges se déplacer à bicyclette. Ils vivent sans être captifs de ces énormes véhicules qui consomment de grandes quantités d'essence. Ce serait merveilleux que plus de gens puissent voir la vie sous un autre jour. »

Holli Moncrieff est une rédactrice de Winnipeg.

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Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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