Votre santé

L'exercice est un medicament

Selon les spécialistes, l'exercice peut nous maintenir en santé, mais un trop grand nombre de Canadiens attendent d'avoir eu une crise cardiaque ou d'autres problèmes de santé pour bouger.

Paul Cantafio et Annette Albo affirment que l'exercice les aide à se remettre de leurs problèmes de santé.
Paul Cantafio et Annette Albo affirment que l'exercice les aide à se remettre de leurs problèmes de santé.
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Comment devenir actif

PAR SUSIE STRACHAN
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, mai / juin 2013

Paul Cantafio sort de la piste et fait quelques étirements pendant qu'il récupère après une marche rapide.

Le prochain exercice sur sa fiche d'entraînement est une série d'exercices d'étirement et d'exercices musculaires qui seront suivis par une période sur un vélo stationnaire. En pédalant, il surveille ses pulsations cardiaques et boit de l'eau tout en regardant les autres membres dans l'immense gymnase ouvert du centre Reh-Fit sur l'avenue Taylor à Winnipeg.

« Je suis déterminé à bien vivre ma vie », explique Cantafio, ancien joueur de football à l'Université du Manitoba dans ses jeunes années. « J'ai perdu du poids, et l'exercice fait maintenant partie de ma vie. Je viens m'entraîner tous les deux jours en faisant ma petite affaire : un peu de course, un peu de vélo pour monter mes pulsations cardiaques. »

Annette Albo passe comme un courant d'air sur la piste. Elle court depuis la fin de la trentaine et essaie de participer à un semi-marathon chaque année. « Je cours en fonction de la météo », ce qui signifie que je cours à l'intérieur une bonne partie de l'hiver et lorsqu'il pleut », explique-t-elle entre deux tours. Son entraînement cet après-midi comporte aussi une période sur vélo stationnaire ainsi que des poids et haltères. Albo s'est joint au centre Reh-Fit il y a cinq ans, après avoir suivi une clinique d'apprentissage à la course, puis s'est jointe à un groupe de coureurs. Cantafio est une recrue plus récente.

Ne vous laissez pas berner par l'image apparente de leur santé.

Les deux ont eu des ennuis de santé qui les ont convaincus de surmonter les périls d'une vie sédentaire.

Cantafio a souffert d'une insuffisance cardiaque congestive l'automne dernier. Son plan de rétablissement comporte de l'exercice, beaucoup de liquides, la prise de médicaments et une saine alimentation. Il a participé au programme de réhabilitation cardiaque de quatre mois au centre Reh-Fit commençant en décembre, où il a appris à composer avec sa condition, un cas relativement rare dans lequel son problème cardiaque a été causé par un virus.

« Je ne m'attendais pas du tout à cela », en parlant de ses problèmes cardiaques. « Je ne me sentais pas bien pendant la longue fin de semaine de septembre. Je suis allé voir mon médecin, qui m'a envoyé à l'hôpital. J'ai passé une série d'examens et j'ai été branché à un moniteur cardiaque pendant huit jours. J'étais vraiment inquiet. »

Quand on lui a dit qu'il devait changer son style de vie, Cantafio est allé au centre Reh-Fit, où le personnel lui a fait passer une épreuve d'effort. Il a échoué l'épreuve en moins d'une minute. Il est retourné se reposer à la maison avant de commencer lentement à se sentir assez bien pour faire de l'exercice pour vrai.

« Je devais arriver le matin à 9 h, parce que c'est l'heure où un médecin est sur place », explique t-il. « Je n'aimais pas vraiment ça. Je suis habitué à faire ma petite routine. J'adore cuisiner et manger, et passer du temps avec mes amis. » Une fois le programme terminé, j'ai continué à faire de l'exercice.
L'histoire d'Albo est différente. Elle a reçu un diagnostic de cancer du sein en janvier 2012 après avoir passé une mammographie recommandée par son médecin. Elle a subi une chirurgie l'année dernière, puis des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie.

« Cette partie du traitement a été très agressive » raconte-t-elle. « Je me sentais en forme avant la chirurgie, comme s'il n'y avait rien qui clochait. La chimio m'a rendue malade. Elle m'a complètement mise à terre », en précisant que son médecin lui a recommandé de demeurer aussi active que possible pour aider à récupérer du cancer. « J'ai dû arrêter de courir, mais j'ai continué à marcher, en me baladant lentement. »

Cantafio et Albo considèrent tous deux l'exercice comme leur médicament. Dans les deux cas, leurs médecins considèrent qu'un style de vie actif peut les aider pendant qu'ils travaillent à surmonter leurs problèmes de santé.

Toutefois, les spécialistes de la santé affirment que les bienfaits de l'exercice ne sont pas réservés uniquement aux personnes ayant subi des problèmes de santé. La recherche révèle que l'exercice peut d'abord contribuer à réduire les risques de développer des problèmes de santé.

Pour ponctuer ce point, le centre Reh-Fit a célébré le mois de mai sous le thème « L'exercice est un médicament », dans un effort pour mieux faire connaître un nouveau programme lancé à Winnipeg l'année dernière. Cette initiative, fondée sur un programme américain du même nom créé par l'American College of Sports Medicine (ACSM), est conçue pour promouvoir la notion que l'exercice est aussi puissant pour maintenir et améliorer la santé qu'il devrait faire l'objet d'une ordonnance, tout comme les médicaments.

Entre autres, le programme l'Exercice est un médicament vise à inciter les fournisseurs de soins de santé à consigner l'activité physique comme signe vital pendant les visites des patients, et à remettre à ces derniers des prescriptions d'exercice pour conserver et améliorer leur santé.

« Notre objectif est que les médecins de famille demandent à leurs patients leur niveau d'activité physique, de la même manière qu'ils s'informent de leur pression artérielle ou de leur régime à chaque visite », explique Sue Boreskie, directrice générale du centre Reh-Fit.

Le centre Reh-Fit a envoyé des lettres aux médecins pour les informer du programme et continuera à offrir des séances de sensibilisation. En mai, le centre a offert des programmes à l'intention du public pour expliquer la façon dont l'exercice améliore la santé en général et aide à combattre les maladies chroniques.

Dr Neal Lerner est conseiller médical au centre Reh-Fit et médecin aux soins intensifs au Seven Oaks Hospital, où il agit à titre de conseiller en réhabilitation cardiaque au Wellness Institute. Il sait que l'exercice permet de diminuer le nombre de patients qu'il verra « en amont ». L'exercice peut limiter le risque d'une maladie cardiaque de 40 pour cent et les AVC de 27 pour cent. Le diabète de type 2 peut être réduit par près de 50 pour cent et l'exercice réduit la mortalité et le risque de récidive du cancer du sein par près de 50 pour cent. Le risque de cancer du côlon chute par près de 60 pour cent. L'exercice peut aussi réduire d'un tiers le risque de développer la maladie d'Alzheimer et diminuer la dépression aussi efficacement que la médication ou la thérapie comportementale.

Lerner affirme que nous devrions tous être capables de faire de l'exercice à un certain niveau, mises à part les personnes ayant une sténose aortique ou une angine non contrôlée.

Alors, pourquoi les gens ne font-ils pas plus d'exercice? Selon Lerner, beaucoup de personnes ont des expériences négatives avec l'exercice, ou font face à des obstacles pour être actives. Certaines ne savent pas quels sont les exercices qui sont sans danger ou efficaces. Le taux de réussite augmente avec le soutien, y compris les conseils d'un professionnel d'exercice certifié ou d'un professionnel de soins de santé.

S'inscrire à un programme ou se joindre à un groupe est aussi une autre bonne idée. « Nous aimerions que les gens parlent d'exercice de façon régulière à leur médecin, pour qu'il surveille cet aspect. », affirme Lerner, qui court et s'entraîne depuis une dizaine d'années.

Pour de nombreuses personnes, cela signifie commencer par une épreuve d'effort, que tous les patients subissent lorsqu'ils s'inscrivent au centre Reh-Fit ou au Wellness Institute, explique Lerner, en même temps que les nouveaux membres, au besoin.

« Si une personne fait de l'hypertension artérielle, souffre de surpoids ou de diabète, elle est une candidate pour une épreuve d'effort », explique-t-il. Dans une épreuve d'effort, on place la personne sur un tapis roulant et on augmente la cadence et l'élévation, pendant que l'on surveille son rythme cardiaque et sa respiration.

Nous vivons vraiment dans une société sédentaire, et ce n'est pas bon pour notre état de santé général. En fait, il y a plus d'une quarantaine de problèmes de santé qui sont provoqués ou aggravés par l'inactivité physique et la surconsommation d'aliments, selon le Dr Dean Kriellaars, physiologiste de l'exercice à l'École de réadaptation médicale de l'Université du Manitoba, et scientifique au Manitoba Institute of Child Health.

Kriellaars mène des études sur l'exercice depuis 1987, analysant l'activité physique et les connaissances physiques en matière d'obésité et de prévention de maladies et des blessures. « Nous devrions tous savoir que « trop d'entrées et moins de dépenses = surplus » ironise Kriellaars, lorsqu'il parle de l'équation dysfonctionnelle qui fait en sorte que les Canadiens prennent du poids et l'effet de ce surplus de poids sur leur santé.

« La surconsommation d'aliments - trop d'entrées - et le manque d'exercice - moins de dépenses - signifie que 65 pour cent des Canadiens sont en surpoids- surplus. Ce phénomène contribue à une prochaine vague de problèmes de santé. C'est comme si nous regardions un train déraillé, un déraillement qui se prépare depuis plusieurs années », affirme-t-il.

Le Mexique vient juste de publier des chiffres qui révèlent que ce pays devance les États-Unis en termes de pourcentage de la population souffrant de surpoids ou d'obésité. « Et même si le Canada enregistre le plus bas taux en Amérique du Nord, nous sommes en train de les rattraper », précise Kriellaars.

Un problème majeur est que les Canadiens attendent souvent d'avoir un grave problème de santé avant de décider d'écouter les ordres de leur médecin et de commencer à bouger, ajoute Kriellaars. Les statistiques canadiennes indiquent que le nombre de personnes qui répondent aux normes d'activité physique entre 20 et 60 ans est d'environ 3,5 à 7 pour cent, ce qui signifie que 93 à 97 pour cent des adultes ne répondent pas aux normes en matière d'activité physique d'au moins 150 minutes d'activité par semaine.

Depuis au moins 45 ans, on constate un mouvement concerté pour essayer d'extraire les Canadiens de leur fauteuil. Kriellaars se souvient d'une annonce des années 60 sur les ondes de la CBC, qui disait que les gens « se suicidaient dans leur fauteuil ». Il ajoute que si cette publicité était mise à jour en 2013, il n'y aurait presque rien à changer. « La Chevrolet deviendrait une Volkswagen. L'homme qui a 37 livres en trop deviendrait une femme qui en a 47. Et au lieu du temps passé devant la télé, c'est maintenant du temps devant son écran d'ordi. Nous continuons toujours à nous suicider dans notre fauteuil », affirme-t-il.

Tous les messages lancés par ParticipAction et d'autres campagnes canadiennes sur l'activité ont échoué parce que les gens sont assis lorsqu'ils les entendent, explique-t-il. Être assis signifie que vous pouvez placer des aliments hautement caloriques et à faible teneur en éléments nutritifs sur vos genoux. « Nous avons tous la mauvaise habitude de grignoter devant la télé. Disons non au grignotage! »

Malheureusement, la plupart des gens changent leur mode de vie seulement lorsqu'ils ont un « ennui » de santé , affirme Kriellaars; ce problème doit être vérifié et compréhensible.

« Dites aux gens que leur taux de cholestérol est élevé, et ils pensent « c'est comme ça », et ils ne tiennent pas compte du message. Ils fument, ils boivent, ils ne font pas d'exercice, et on leur dit qu'ils sont à risque d'une crise cardiaque. Les gens reçoivent un diagnostic d'hypertension ou de mauvais lipides dans leur sang, mais encore là, ce n'est pas un événement déclencheur », mentionne-t-il. « Mais s'ils ont une douleur massive à la poitrine et se rendent à l'hôpital et qu'il est vérifié qu'il s'agit bien d'une crise cardiaque, alors là « ah ah », maintenant la lumière rouge clignote ».

Vous ne pouvez rejeter le blâme sur les appareils électroniques ou même sur le divan pour votre inactivité, explique Kriellaars. Essayez plutôt de vous concentrer à ne pas trouver d'excuses. Vous n'avez pas le temps? Prenez une pause de cinq minutes au travail, et montez les escaliers ou faites des étirements. Pas d'argent? Cherchez des exercices qui peuvent être faits sans équipement ou abonnez-vous à un centre de conditionnement physique.
Mais si vous voulez vraiment réussir, déboursez de l'argent. Tous ceux qui ont dépensé un millier de dollars pour un écran plat de télévision pourraient l'avoir dépensé pour embaucher un entraîneur personnel ou un physiologiste de l'exercice certifié, affirme Kriellaars.

« Nous payons nos taxes. Le budget annuel pour les soins de santé au Manitoba est de 5 milliards de dollars par million de personnes. C'est pour des soins de santé, pas pour la santé personnelle », précise-t-il.

« Nous avons besoin d'argent pour la prévention de la maladie, et où peut-on en obtenir? Ce ne serait pas si difficile d'amasser de l'argent. Ajouter une taxe de 50 cents pour la condition physique pour chaque achat au service à l'auto ou par chaque transaction au guichet bancaire à l'auto. Personne ne s'est rebellé lorsque l'on a ajouté une taxe de deux cents pour recycler les bouteilles de boisson gazeuse, n'est-ce pas?

« Manifestement, les gens veulent leurs soins de santé lorsqu'ils sont malades, mais ne veulent pas leur santé. La santé est une responsabilité personnelle et ils ne prennent pas le temps de prévenir ces pénibles maladies. »

Paul Cantafio est d'accord pour investir de l'argent lorsqu'il s'agit de sa santé future. « Il faut payer pour être membre ici. Cependant, lorsque mon médecin m'a parlé de mon cœur et de la façon dont il pouvait dégénérer, j'ai pris les moyens pour intégrer l'exercice dans ma vie, afin de continuer à vivre. Vous comprenez ce que je veux dire? Je veux être là encore longtemps.

Susie Strachan est conseillère en communication auprès de la Région sanitaire de Winnipeg.

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Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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