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Un agent de la Gendarmerie royale du Canada à la retraite affirme que le programme de dépistage à domicile ColonCheck lui a sauvé la vie

Len Clace, en compagnie de petit-fils Joel Clace.
Len Clace, en compagnie de petit-fils Joel Clace.
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Au sujet du cancer du côlon

PAR HOLLI MONCRIEFF
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, mai / juin 2013

Len Clace a failli jeter à la poubelle la trousse de dépistage à domicile du cancer du côlon qui, selon lui, lui a sauvé la vie il y a près de cinq ans.

Agent de la Gendarmerie royale du Canada à la retraite alors âgé de 58 ans, M. Clace a eu la surprise de recevoir par la poste en octobre 2008 une trousse de dépistage du programme ColonCheck d'ActionCancerManitoba.

« Je n'étais pas malade, je n'avais aucun symptôme - alors pourquoi m'ont-ils envoyé ça, à moi? Je me sentais en assez bonne forme », dit-il, se rappelant sa réaction initiale à la réception de la trousse de test de dépistage.
« Jamais je ne suis allé chez le médecin à moins d'être vraiment malade, et comme je croyais être en bonne santé, je ne m'inquiétais pas trop des examens de santé annuels et autres choses du genre. Finalement, je me suis dit que je pourrais tout de même faire le test, que ça ne me ferait pas de mal. »

Ce test, aussi appelé recherche de sang occulte dans les selles, n'a rien de douloureux. Et il a probablement sauvé la vie de M. Clace. Il est gratuit et se fait chez soi, à la maison. Il consiste à prélever un petit échantillon de selles et à le poster à un laboratoire dans l'enveloppe fournie à cet effet.

Quelques semaines après avoir posté l'échantillon aux fins d'analyse, M. Clace a reçu un appel d'un membre de l'équipe de ColonCheck souhaitant l'informer des résultats. Le test avait révélé la présence d'une quantité microscopique de sang dans les selles, ce qui peut être un signe de cancer du côlon. Le membre de l'équipe lui a alors proposé de subir une épreuve de suivi appelée coloscopie, qui permet d'obtenir des résultats beaucoup plus définitifs en ce qui a trait au diagnostic de cancer du côlon. M. Clace a accepté, et la date de l'épreuve a été fixée.

« La coloscopie de suivi a montré que j'avais deux tumeurs cancéreuses au côlon », raconte M. Clace. De plus, le tomodensitogramme pratiqué en lien avec son diagnostic a révélé la présence d'un anévrysme aortique abdominal (un élargissement de l'aorte pouvant mettre la vie en danger). « L'anévrysme a pu être traité avant qu'une rupture ne se produise », précise M. Clace.

Le cancer colono-rectal (cancer du côlon et du rectum) est la deuxième cause de décès par cancer au Manitoba. Selon Statistiques canadiennes sur le cancer 2012, un rapport publié par la Société canadienne du cancer, 870 personnes ont reçu un diagnostic de cancer du côlon l'année dernière, et 330 personnes sont décédées de cette maladie.

Quoi qu'il en soit, le cancer du côlon peut être traité avec succès dans une proportion pouvant aller jusqu'à 90 % des cas, lorsqu'il est détecté tôt. C'est pourquoi en 2007 Santé Manitoba et ActionCancerManitoba ont créé ColonCheck, l'un des premiers programmes de dépistage provinciaux du cancer du côlon au Canada, et le dernier de trois programmes de dépistage, après BreastCheck et CervixCheck.

Avant la mise en place du programme ColonCheck, la responsabilité du dépistage du cancer du côlon incombait au fournisseur de soins de santé primaires. Les personnes comme M. Clace qui ne subissaient pas d'examen de santé annuel n'étaient diagnostiquées que lorsque la maladie avait atteint un stade avancé.

Le programme ColonCheck a permis de résoudre ce problème par l'envoi par la poste de trousses de dépistage à domicile à tous les Manitobains et Manitobaines admissibles âgés de 50 à 74 ans qui n'avaient pas subi ce test au cours des deux dernières années, ou qui n'avaient pas subi de coloscopie ou de sigmoïdoscopie flexible au cours des cinq dernières années.

La Dre Kathleen Clouston, directrice intérimaire du programme ColonCheck, explique que la mise en œuvre du programme s'est d'abord faite par étapes, visant d'abord les Manitobains et Manitobaines admissibles vivant dans les régions d'Assiniboine et de Winnipeg. En 2012-2013, le programme ColonCheck a permis de couvrir toute la population visée, avec l'envoi postal de 94 790 trousses de dépistage aux Manitobains et Manitobaines admissibles de toutes les régions de la province. À l'avenir, les trousses seront postées à tous les Manitobains et Manitobaines admissibles deux ans après leur dernier test.

Depuis la création du programme en 2007, plus de 70 000 hommes et femmes ont effectué le test de dépistage à domicile. Selon Mme Clouston, les résultats sont appréciables.

Entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2011, les tests de dépistage à domicile ont donné lieu à 850 coloscopies de suivi. Plus de 470 adénomes et adénomes avancés (polypes ou excroissances précancéreux) ont été détectés. Trente-six cas de cancer du côlon ont ainsi été diagnostiqués.
Mme Clouston précise qu'il est important pour les Manitobains et Manitobaines admissibles de procéder au test de dépistage à domicile, car les personnes qui en sont au premier stade d'un cancer du côlon ne présentent souvent aucun symptôme autre que la présence d'une quantité de sang microscopique dans les selles.

« L'une des principales idées erronées consiste à croire que le test ne concerne que les personnes qui présentent des symptômes de cancer du côlon, explique-t-elle. Mais vous pouvez vous sentir en parfaite santé et avoir tout de même un polype précancéreux ou un cancer du côlon à un stade précoce. La quantité de sang que ces tests permettent de déceler est trop petite pour être perceptible à l'œil nu. »

Mme Clouston est d'avis que si un plus grand nombre de personnes faisaient le test de dépistage à domicile, cela contribuerait à réduire le nombre de cancers du côlon diagnostiqués à des stades tardifs. La recherche a établi que le dépistage aux deux ans du cancer colono-rectal se traduit par une réduction de 17 à 25 % du taux de mortalité.

« Les cancers du côlon détectés à un stade précoce sont beaucoup plus faciles à traiter. Si les résultats de test sont anormaux et si nous trouvons des polypes, nous pouvons les retirer et comme ça, ils ne peuvent plus devenir cancéreux. »

Il semble d'après les chiffres que le message soit bien reçu. Les responsables du programme ColonCheck font état d'un taux de réponse de 30 % au test de dépistage à domicile pour l'année dernière, par comparaison à 23 % en 2009-2010. De plus, un grand nombre de personnes subissent un test de dépistage après avoir consulté leur fournisseur de soins de santé.

Selon les résultats d'une enquête, jusqu'à 64 % des hommes et des femmes admissibles ont fait l'objet d'un test de dépistage du cancer du côlon au Manitoba, le taux le plus élevé pour l'ensemble des provinces canadiennes.
Mme Clouston affirme que, dans l'ensemble, ces chiffres permettent d'entrevoir positivement l'avenir : « On ne parle pas du cancer du côlon comme on le fait pour d'autres formes de cancer. Il y a un manque d'éducation et de sensibilisation, mais je crois que les choses sont en train de changer. »

Les échantillons envoyés au Laboratoire provincial de Cadham dans le cadre de ce programme sont rapidement analysés. Les résultats de test sont envoyés par la poste au participant, ainsi qu'à son médecin, si le participant le souhaite.

En cas de résultat anormal, un membre de l'équipe du programme ColonCheck appelle la personne concernée pour en discuter avec elle. Selon MmeClouston, il ne faut pas oublier que même si le résultat est anormal, neuf fois sur dix le cancer du côlon n'est pas en cause.

« Trois fois sur dix, il s'agit d'un type d'adénome bénin ou précancéreux (excroissances charnues ayant généralement la forme d'un champignon), explique-t-elle. Les résultats anormaux peuvent aussi s'expliquer par la présence de petites lésions ou d'hémorroïdes ».

Le fournisseur de soins de santé primaires du participant est aussi informé des résultats de test anormaux et a la possibilité d'autoriser ColonCheck à orienter son patient vers une coloscopie de suivi. Si le médecin donne le feu vert au processus d'aiguillage direct de ColonCheck, la coordonnatrice de suivi consulte immédiatement le participant pour fixer la date de l'épreuve.

Environ 77 % des fournisseurs de soins de santé primaires consultés autorisent ColonCheck à procéder à l'aiguillage automatique de leurs patients en cas de résultats anormaux. L'éducatrice en soins de santé primaires du programme s'efforce de mieux sensibiliser les médecins et les infirmières de la province aux avantages offerts par une telle démarche.

Elle s'efforce aussi d'établir des partenariats avec le plus grand nombre possible de fournisseurs de soins afin de faciliter la distribution des trousses de dépistage à domicile du programme ColonCheck à leurs patients.
Avec le temps, ces deux initiatives accroîtront les taux de dépistage et l'efficacité des tests ColonCheck en permettant aux patients et aux médecins de tirer plus facilement profit du programme.

La démarche est aussi simplifiée par les cliniques qui utilisent un logiciel pour dossiers médicaux électroniques. « Avec les dossiers médicaux électroniques, ils n'ont qu'à cliquer sur le bouton ColonCheck pour nous envoyer un message nous avisant qu'ils ont remis la trousse de dépistage à un patient, explique Mme Clouston. Une fois cette information reçue, nous sommes en mesure d'envoyer une lettre de rappel aux personnes qui n'ont pas effectué le test dans les huit semaines qui suivent. Les fournisseurs de soins de santé apprécient vraiment cette façon de faire, car ils peuvent ainsi s'assurer que leurs patients effectuent le test. »

Mme Clouston explique qu'au besoin l'équipe de ColonCheck peut fixer rapidement un rendez-vous pour une coloscopie. « Nous avons à notre service une infirmière praticienne qui nous aide à maintenir les temps d'attente pour coloscopie en deçà de huit semaines. »

Le taux de réponse au test de dépistage à domicile s'est accru, et des efforts ont été déployés pour le simplifier encore davantage.

« Les restrictions relatives à l'alimentation et aux médicaments étaient parmi les principales raisons qui poussaient les gens à résister au test », explique Mme Clouston.

Dans le passé, on demandait aux gens de ne pas manger de viande rouge et de ne pas prendre certains médicaments pendant un certain temps avant le test, et durant le test. Mais un examen des recherches sur la question réalisée par un médecin de Winnipeg a démontré qu'il n'existait pas de preuves à l'appui de ces restrictions.

De ce fait, l'équipe de ColonCheck a apporté des changements visant à les éliminer, et ce, même si d'autres restrictions demeurent en vigueur, comme la diminution de la consommation de vitamine C. Les changements, adoptés en juin dernier, permettent aux gens d'intégrer plus facilement le test à leur train-train quotidien. Depuis, le taux de participation s'est accru de 1,7 %, et le temps de réponse s'est lui aussi amélioré, les gens soumettant les échantillons aux fins d'analyse dans les 41 jours en moyenne, plutôt que dans les 56 jours suivant la réception de la trousse.

Quoi qu'il en soit, Mme Clouston souligne que les efforts de sensibilisation à l'importance du dépistage demeurent prioritaires. « Les femmes ont l'habitude des mammographies, mais elles ne sont pas aussi conscientes de l'importance de pratiquer le test de dépistage à domicile. C'est là l'avantage du triple programme de dépistage d'ActionCancerManitoba. Ensemble, nous pouvons parler des cancers du sein et du col de l'utérus, mais nous pouvons aussi discuter du cancer du côlon et encourager les hommes et les femmes à effectuer le test. »

De plus, les éducatrices sanitaires du programme ColonCheck s'efforcent de mieux faire comprendre à la population l'importance du dépistage. « Elles sont constamment sur la route, parties visiter des foires sur la santé ou des entreprises de la communauté, dit Mme Clouston. Nous avons fait des démarches auprès de la Région sanitaire de Winnipeg pour participer à des cliniques de vaccination contre la grippe et nous avons aussi visité le Reh-Fit Centre. Nous sommes constamment à la recherche de moyens novateurs de sensibiliser la population. »

M. Clace a subi l'ablation du côlon en mai 2009. Comme son cancer a été diagnostiqué à un stade précoce, il n'a pas eu à subir de radiothérapie ni de chimiothérapie. Son cancer n'a pas récidivé.

« Je crois que la peur de l'inconnu empêche bien du monde de faire le test. J'ai parlé à des gens qui ne veulent pas savoir s'ils souffrent ou non d'un cancer, mais qui finiront tout de même par le savoir, mais trop tard, affirme-t-il. Souffrir d'un cancer est bien plus douloureux que de faire ce test. J'aimerais seulement qu'ils fassent un test de dépistage, et qu'ils le fassent tôt. »

Pour réduire les risques de cancer du côlon, ActionCancerCareManitoba recommande de maintenir un poids santé, de faire régulièrement de l'exercice et de limiter la consommation d'alcool. Consultez votre médecin si vous avez des symptômes de cancer du côlon comme un changement dans l'apparence des selles (selles en ruban), des crampes d'estomac, toute modification persistante du régime des selles, ou du sang dans les selles.

Les quelques minutes qu'a prises M. Clace pour faire le test lui ont finalement permis de passer plus de temps avec sa famille. Marié, il a deux enfants, plus les quatre enfants de sa conjointe, et 11 petits-enfants. « Je ne tiens pas la vie pour acquise. Elle est trop précieuse. Il faut vivre comme si demain n'existait pas, affirme-t-il. Je m'en suis tiré. J'ai eu une deuxième chance. »

Pour faire une demande de trousse de dépistage à domicile, visitez le site www.ColonCheckmb.ca, ou composez le 204-788-8635 ou le 1-866-744-8961. Vous pouvez aussi vous adresser à votre fournisseur de soins de santé primaires.

Holli Moncrieff est une rédactrice de Winnipeg.

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Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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