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Les jeunes d'aujourd'hui sont-ils assez actifs?
De plus en plus d'études indiquent que la plupart des jeunes ne font pas assez d'activité physique pour rester en bonne santé. De plus, il ne suffit pas d'inscrire les jeunes dans une équipe de soccer ou à des cours de danse pour les faire bouger et les garder actifs. Voici pourquoi.
PAR ROBIN SUMMERFIELD
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, septembre / octobre 2012
Helena Stanicevic
s'élance hors de
l'autobus en vérifiant
l'heure.
Il est 8 h et elle vient tout juste d'arriver à son établissement
scolaire, le Glenlawn Collegiate. Les cours ne débutent que dans 30
minutes. La jeune fille de 17 ans a donc tout juste le temps de courir
de 15 à 20 minutes sur le tapis roulant de la YMCA-YWCA du quartier
sud, situé sur l'avenue Fermor.
Parfait.
En quelques minutes, elle se donne à fond et transpire un bon coup.
À 8 h 30, elle est lavée, changée et prête à affronter la journée.
« J'essaie de faire quelques pas de course avant de commencer mes
cours la plupart des jours, explique Helena Stanicevic. Cet exercice me
donne de l'énergie. »
Les efforts faits par Helena Stanicevic pour rester active ne se
limitent pas au jogging. Nous sommes mardi, et ce soir, elle retournera
au YMCA pour donner des cours de danse ou de soccer à des enfants.
Le jeudi soir, elle passe au basketball et à la gymnastique.
Lorsqu'elle ne donne pas de cours, Helena va au gym pour
s'entraîner sur divers appareils de musculation.
Et ce n'est pas tout.
« La danse occupe une place
importante dans ma vie, affirme Helena
Stanicevic. L'adolescente a suivi des
cours de danse dans sa jeunesse et a
appris le breakdance en autodidacte.
Elle aime aussi beaucoup la danse
contemporaine.
De toute évidence, Helena est une
adolescente active. Si on additionne
tout le temps qu'elle passe à faire
de l'activité physique, elle parvient
facilement à atteindre le minimum
de 60 minutes d'activité modérée à
intense dont les adolescents ont besoin
quotidiennement pour rester en santé.
En effet, certains jours, elle peut se
rendre à 150 minutes.
Malheureusement, les jeunes
Canadiens ne peuvent pas tous en
dire autant. La plupart des jeunes ne
s'approchent même pas de cet objectif,
comme l'indiquent de nombreuses
études. Par exemple, Jeunes en forme
Canada souligne que seulement 7 %
des enfants et des adolescents canadiens
(de six à 19 ans) répondent aux
recommandations minimales en matière
d'activité. Ainsi, 63 % des enfants et
des adolescents canadiens occupent
leurs temps libres, après l'école et
durant la fin de semaine, à des activités
sédentaires.
Au Manitoba, un rapport du
gouvernement provincial précise que
23,7 % des jeunes de 12 à 19 ans font
de l'embonpoint ou sont obèses, la
moyenne nationale étant de 28,8 %. Ce
rapport signale aussi que les jeunes du
Manitoba ne font tout simplement pas
assez d'exercice pour se développer et
grandir en santé.
Les inquiétudes concernant la
sédentarité des jeunes grandissent.
« Le problème est très grave, affirme
le Michael Routledge, le nouveau
médecin hygiéniste en chef du Manitoba.
Nous connaissons de plus en plus les
multiples bénéfices que procure l'activité
physique ainsi que les risques associés
à la sédentarité. L'activité physique est
essentielle à notre santé globale, tant
individuelle que
collective. »
Ce point de vue est
souligné dans le rapport de Jeunes en
forme Canada qui indique que l'activité
physique contribue à améliorer la
capacité aérobique et la motricité.
Toutefois, l'activité physique ne sert
pas seulement à avoir une bonne
condition physique et une jolie
silhouette aujourd'hui, elle a aussi des
répercussions sur la santé et le bien-être
à long terme. Comme le souligne le
rapport, « on a établi un lien particulier
entre la capacité aérobique et la
diminution des risques de maladies
chroniques et de syndrome métabolique
(la présence simultanée de plusieurs
troubles métaboliques faisant augmenter
les risques de diabète et de maladies
cardiovasculaires). »
L'activité physique peut aussi
améliorer l'intelligence. Selon le
rapport, « le degré d'activité physique
a des répercussions positives sur
la fonction cognitive durant le
développement des enfants d'âge
scolaire (de 4 à 18 ans). Les jeux et les
exercices qui font appel à la résolution
de problème sont associés à des
améliorations des aptitudes perceptives,
du QI, du rendement scolaire, des tests
verbaux, des tests mathématiques et du
niveau de développement. Les enfants
sédentaires qui commencent à faire
de l'activité physique peuvent aussi
bénéficier d'un meilleur développement
cognitif ». L'activité physique peut
aussi améliorer l'estime personnelle et
« les enfants et les adolescents qui sont
physiquement actifs semblent moins
susceptibles d'avoir des problèmes de
santé mentale », souligne le rapport.
Pourtant, de nombreux responsables
du secteur de la santé du monde entier
sont d'avis que la sédentarité a atteint
des proportions pandémiques. Prenez
n'importe quel problème de santé grave
et, dans bien des cas, des liens peuvent
être établis avec l'inactivité.
La nature du problème a été
clairement énoncée tout juste avant les
Jeux olympiques de Londres lorsque
The Lancet, une revue médicale
britannique, a publié une série d'articles
signalant que le monde vivait une explosion de sédentarité. Les
auteurs ont notamment indiqué que
la sédentarité à long terme menant
aux maladies du coeur, au diabète
et au cancer est responsable d'environ
10 % des décès à l'échelle mondiale.
Ils ajoutent aussi que huit enfants sur
dix âgés de 13 à 15 ans ne parviennent
pas à atteindre la norme de 60 minutes
quotidiennes d'activité physique modérée
à intense.
Les experts en santé soutiennent qu'il est
important de comprendre que l'inactivité
n'est pas qu'un problème individuel.
L'épidémie de problèmes de santé pouvant
être attribués au manque d'activité met
à rude épreuve les services de santé et
coûte cher. Si la tendance alarmante de la
sédentarité chez les jeunes ne change pas,
le Canada deviendra un pays malade ayant
une population affligée par des problèmes
de santé, comme les maladies du coeur, les
AVC, le cancer et le diabète.
Donc, pourquoi nos jeunes sont-ils
inactifs et, plus important encore, que
pouvons-nous faire pour remédier à la
situation?
Jeunes en forme Canada, le principal
groupe de promotion de l'activité
physique chez les jeunes du Canada,
explique qu'un des principaux facteurs
associés au problème est le manque de
temps consacré aux loisirs en plein air.
En effet, une étude récente menée
par cet organisme indique que le temps
consacré aux activités en plein air a
chuté de 14 % au cours de la dernière
décennie. Ce pourcentage semble peutêtre
modeste, mais les auteurs de l'étude
mentionnent que le temps libre est
essentiel, car il contribue à développer
l'amour de l'activité physique qui
persistera toute la vie et il améliore de
nombreuses habiletés développementales
et aptitudes sociales chez les jeunes.
« Malheureusement, le fonctionnement
et les exigences de la vie moderne au
Canada pourraient faire disparaître le
jeu actif de la vie de nos enfants, précise
l'étude. Peut-être qu'en raison d'un
malencontreux désir de les protéger et
de les encadrer en tout temps, les enfants
canadiens n'ont plus la liberté de sortir de
la maison pour aller jouer dehors. »
Mark Tremblay, directeur du groupe
de recherche sur les saines habitudes
de vie et l'obésité du Centre
hospitalier pour enfants de l'Est
de l'Ontario, et l'un des plus
éminents chercheurs au Canada
dans le domaine de la sédentarité
chez les enfants, explique que la
technologie est un autre facteur qui
entre en jeu.
Les multiples écrans de télévision,
l'accès Internet à la maison et les jeux
vidéo sont tous des incitatifs à passer
plus de temps à l'écran et sur le sofa
chaque jour, explique Mark Tremblay.
Nos horaires surchargés et nos vies
mouvementées nous laissent moins de
temps libre pour l'exercice et le jeu,
ajoute-t-il.
Le mode de vie sédentaire et la
diminution du temps libre préparent
les enfants à avoir des maladies et des
problèmes de santé à long terme et,
éventuellement, une moins grande
longévité.
« Le savoir-faire de la société est
très puissant et nous amène
à moins bouger »,
affirme M. Tremblay.
L'évolution rapide de la
technologie, y compris
les télécommandes qui
nous évitent d'avoir à nous
déplacer, aggrave la crise de
la sédentarité. « Nous aimons
tous ces objets. »
Le Dr Routledge avoue que la
technologie joue un rôle important
en matière de
sédentarité.
Toutefois, il ajoute
que la société dans
son ensemble doit
passer à l'action
pour promouvoir
un mode de vie
actif.
« Nous
devons
tous
contribuer
à la
création de collectivités qui aideront les
gens à pratiquer quotidiennement des
activités
physiques. »
Parmi les aspects que le Dr Routledge
souhaiterait voir améliorés, citons les
milieux urbains bâtis. L'aménagement
des quartiers ne facilite pas toujours le
transport actif. Des changements tels que
l'ajout de voies cyclables et la réduction
des vitesses limites peuvent contribuer à
établir des milieux de vie qui favorisent
un mode de vie sain et actif.
Le Dr Routledge affirme qu'aucun de
ces problèmes ne peut être réglé du
jour au lendemain, mais qu'il trouve
encourageantes les initiatives comme la
motion adoptée dernièrement par la ville
de Winnipeg en vue de réduire la vitesse
limite à 40 kilomètres à l'heure dans les
zones résidentielles.
D'autres initiatives ont été mises en place pour promouvoir l'activité auprès
des jeunes du Manitoba. Par exemple,
le gouvernement provincial a statué en
2007 et en 2008 que les cours d'éducation
physique feraient partie du programme
d'enseignement obligatoire de la
maternelle à la 12e année.
En 2005, le gouvernement provincial
avait lancé le projet Manitoba en
mouvement dans le cadre de l'initiative
Des enfants en santé, pour un avenir en
santé. Le groupe de travail multipartite
avait pour mandat de faire bouger les
Manitobains. Les projets Manitoba en
mouvement et Winnipeg en mouvement
soutiennent les écoles, les milieux de
travail et les groupes communautaires et
les encouragent à augmenter les occasions
de faire de l'exercice et à réduire les
obstacles à la participation.
À ce jour, plus de 600 écoles dans la
province se sont inscrites à l'initiative
Écoles en santé. Les écoles participantes
se sont données comme objectif
d'amener leurs élèves à faire au moins
30 minutes d'activité physique durant les
jours d'école. Les projets comprennent
notamment des événements spéciaux,
des activités sportives intra-scolaires, des
pauses actives et d'autres programmes.
Deanna Betteridge est la présidente
de Winnipeg en mouvement. Son travail
consiste à élaborer et à mettre en place
des programmes et à aider les groupes, les
écoles, les organismes et les entreprises à
intégrer ou à augmenter l'activité physique
structurée ou prévue à l'horaire.
« L'accent est mis sur l'activité physique
dans le but d'améliorer la santé et le
bien-être et de prévenir les maladies
chroniques. »
Bien que l'objectif de faire bouger
les jeunes soit simple, le chemin vers le
changement est parsemé d'embûches.
Elle explique que les gens ont une vie
effrénée et mouvementée. Voilà pourquoi
elle encourage les parents et les enfants à
accorder la priorité à l'activité physique en
l'intégrant à leur journée d'une manière ou
d'une autre.
Les parents peuvent contribuer à
transmettre un amour durable de l'activité
physique à leurs enfants en étant euxmêmes
actifs, ajoute Mme Betteridge. En
vieillissant, les enfants commencent à
s'inspirer de leurs amis. Si les parents ont
de la chance (ou font preuve de stratégie),
leurs enfants auront des amis qu'elle
qualifie de « champions » de l'activité
physique et qui les aideront à bouger et
à jouer davantage. S'ils sont vraiment
chanceux, les parents auront eux-mêmes
des enfants champions de l'activité
physique.
Deanna Betteridge explique que les
parents se doivent d'être créatifs pour
promouvoir l'activité. Ils peuvent proposer
des séances de hula-hoop, de danse dans
le salon, de BMX, de slackline, de basketball et de frisbee. Allez dans les centres
communautaires pour voir les programmes
offerts dans votre quartier. Échangez des
idées avec les enfants pour préparer un
tableau d'activités familiales, puis laissez
chaque membre de la famille choisir une
activité à tour de rôle à laquelle toute la
famille participera, propose-t-elle.
« Nous pouvons inverser la tendance,
mais les parents ne peuvent pas y arriver
seuls. Nous devons le faire collectivement.
Nous devons prendre de bonnes décisions
concernant notre façon d'organiser nos vies
et nos quartiers. »
Deanna Betteridge croit aussi fermement
qu'il faut prêcher par l'exemple. Cette
ancienne entraîneuse personnelle avait
l'habitude de passer de nombreuses heures
au gymnase, activité qu'elle n'apprécie
plus autant maintenant. Toutefois, elle
a trouvé d'autres activités physiques qui
correspondent mieux à son mode de vie
actuel. En tant que travailleuse et mère d'un
jeune enfant, Mme Betteridge essaie de se
rendre au travail à vélo la plupart du temps
et elle utilise des programmes d'exercice sur
vidéo. Le transport actif et les exercices à la
maison lui permettent de rester active.
Pendant ce temps, les éducateurs, les
parents et les spécialistes s'efforcent de
trouver une façon de faire comprendre aux
jeunes l'importance de l'activité physique. Le
simple fait de trouver un moyen pour faire
comprendre aux jeunes les risques pour la
santé associés à l'inactivité représente un
défi, explique le Dr Routledge. Ce n'est pas
suffisant de dire à un jeune que s'il n'est pas
actif aujourd'hui, il pourrait avoir de graves
problèmes de santé dans une vingtaine
d'années, dit-il.
Le véritable changement exigera un
renversement des attitudes dans la société.
Il faudra cesser de blâmer les personnes
inactives pour plutôt aménager un milieu
qui favorise l'activité physique, ajoute le
Dr Routledge.
Les changements apportés aux politiques
gouvernementales au cours des dernières
décennies en ce qui concerne le tabagisme
guident l'approche à utiliser en matière
d'inactivité. L'usage du tabac a perdu en
popularité lorsque la population a compris
le lien entre le tabagisme et la maladie et
a réclamé des mesures pour encourager
les gens à cesser de fumer, comme
l'interdiction de fumer dans les restaurants
et les lieux publics. Il faut maintenant une
mobilisation semblable en ce qui concerne
la promotion de l'activité physique, indique
le Dr Routledge.
De plus, il pourrait aussi être efficace
de promouvoir l'amélioration de l'estime
personnelle par l'activité physique.
Le cas de Helena Stanicevic est
un parfait exemple. Bien qu'elle
soit maintenant active, il n'en a pas
toujours été ainsi. « Enfant, j'étais plutôt
rondelette, explique-t-elle. Je ne faisais pas
d'embonpoint, mais j'étais potelée. »
En 2009, lorsqu'elle était en 9e année,
Helena a commencé à se sentir mal à
l'aise à propos de son corps et pas très
bien dans sa peau. Elle a alors décidé de
changer ses habitudes. Elle a coupé de
moitié la quantité de nourriture à chacun
de ses repas et a réservé les sucreries et
les desserts pour les occasions spéciales
plutôt que d'en prendre tous les jours. Elle
s'est mise à manger plus de fruits et de
légumes. Elle a commencé à bouger plus
et à manger moins. L'exercice sous toutes
ses formes a été intégré à son quotidien et
elle a appris à aimer cette habitude. Au fur
et à mesure que les chiffres diminuaient
sur le pèse-personne, Helena Stanicevic
se sentait débordante d'énergie. « Une
fois lancée, je ne voulais plus m'arrêter »,
déclare-t-elle.
Les parents ont réellement un rôle
à jouer pour encourager l'activité
physique, dit April Limosinero. « Les
adultes ne peuvent pas se contenter de
le dire, ils doivent le faire aussi », affirme
l'adolescente de 17 ans.
Le père d'April Limosinero, Henry, est
un parfait exemple. Deux fois par semaine
durant l'année scolaire, le père et la fille
jouent au badminton dans le gymnase du
Maples Collegiate. « Nous sommes des
partenaires de badminton », dit-elle.
Patricia Polden, une adolescente de
Winnipeg, pense aussi qu'il existe un moyen
simple pour motiver les enfants. Elle donne
un conseil aux parents : « Essayez de faire
des choses avec eux et pas seulement de
leur dire quoi faire ».
Marchez, jouez et bougez avec vos
enfants, ajoute Patricia Polden, qui adore
danser, courir, marcher et s'entraîner au
gym pour rester active.
Patricia pense aussi que de nombreux
enfants qui veulent être actifs se butent à
un obstacle majeur : les sports organisés
coûtent très cher et beaucoup de familles
n'ont pas les moyens de payer ces frais. « Si
le gouvernement pouvait subventionner
plus de programmes, je pense que ça
aiderait beaucoup de gens », dit-elle.
Helena Stanicevic, Patricia Polden
et April Limosinero sont des exemples
d'adolescentes actives et les chercheurs
ont déjà appris beaucoup de leurs données
démographiques.
Toutefois, les chercheurs croient qu'il est
aussi important de comprendre les enfants
et les adolescents inactifs et sédentaires.
Mark Tremblay et son équipe effectuent
actuellement une étude majeure sur les
jeunes sédentaires. Ils veulent comprendre
la réaction cardio-métabolique d'un
comportement sédentaire, par exemple
durant les longues périodes passées en
position assise. L'équipe veut savoir
de quelle façon les petits mouvements,
comme le fait de se lever après une
longue période d'inactivité, agissent sur
l'organisme sur le plan métabolique. Elle
veut comprendre la situation dans son
ensemble en ce qui concerne l'inactivité
et la sédentarité chez les enfants.
L'équipe espère pouvoir faire évaluer ses
conclusions par des pairs d'ici Noël.
Cette étude représente un tournant
majeur quant à la façon dont M. Tremblay
envisage la question de l'obésité infantile.
« Nous ne pouvons pas nous contenter
d'insister sur l'augmentation de l'activité.
Nous devons essayer aussi de diminuer les
comportements sédentaires. »
La sédentarité ne fait pas partie du
quotidien de la Winnipegoise Helena
Stanicevic. D'autres jeunes peuvent tirer
des leçons de sa réussite. Elle leur donne
un conseil sans détour : « Faites ce que
vous aimez et soyez celui ou celle que
vous voulez être; et ne vous arrêtez pas.
Ne lâchez pas et ne laissez personne vous
décourager. »
Robin Summerfield est une rédactrice de
Winnipeg.

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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