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Des sourires tout partout
La faculté de dentisterie travaille avec la Région pour rénover une clinique pédiatrique
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| Le Dr Nick Lekic (à gauche), le patient Daniel Kehler et le Dr Brad Klus. |
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Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, novembre / décembre 2011
Brad Klus, docteur résident à la clinique de
dentisterie pédiatrique, réussit le virage vers une
salle d'examen.
Ses patients, Tanner et Conner
Klassen, sont ici avec leur mère
Tammy pour leur examen annuel.
« Je veux y aller le premier, s'écrie
Conner, 8 ans, en sautant sur la
chaise. »
L'enfant s'étire vers l'arrière, ferme
les yeux et laisse le Dr Klus examiner
ses dents.
« Ça semble beau, dit le docteur à
son patient, qui descend de la chaise
d'un bond. »
Puis Tanner s'assoit, ouvre grand la
bouche, et le Dr Klus l'examine.
L'enfant de dix ans n'a pas encore
perdu la plupart de ses dents de lait.
« Elles deviennent lâches, puis se
resserrent et ne tombent pas comme
elles devraient », explique Tanner.
« Tu as une tâche à accomplir,
lui dit le Dr Klus et ça consiste à les
branler encore davantage lorsqu'elles
deviennent lâches. »
Les deux frères souffrent de
dysplasie cléïdo-crânienne, un état
héréditaire qui peut causer des
anomalies, notamment l'incapacité
de perdre ses dents de lait, un
développement ralenti de la seconde
dentition et des dents supplémentaires
ou manquantes.
Les deux garçons ont un
développement dentaire en retard
d'environ deux ans et ont été aiguillés
vers la clinique il y a cinq ans par un
autre dentiste. Chaque année, ils sont
conduits en voiture à partir de leur
domicile, à Steinbach, jusqu'à la clinique
dentaire pour enfants du Centre des
sciences de la santé pour un examen
annuel, une évaluation et d'autres
traitements au besoin.
La clinique a été fondée il y a
35 ans par le Dr Howard Cross.
Aujourd'hui, ce dernier travaille
à temps partiel, avec le directeur
clinique, le Dr Charles Lekic et deux
résidents, le Dr Klus et le Dr Nick
Lekic. Un petit personnel de soutien
complète le groupe, qui se consacre à
fournir des soins aux enfants ayant des
problèmes de santé bucco-dentaire
complexes.
La clinique, qui reçoit environ 1800
patients chaque année, est en pleine
rénovation, d'une valeur d'un million
de dollars, qui modernisera ses activités
sans but lucratif. L'emplacement
permanent de la clinique se trouve
à l'intérieur de l'Édifice des services
communautaires, en face de l'Hôpital
pour enfants, sur l'avenue William, mais
les rénovations ont déplacé ses activités
deux fois durant l'été, dans des locaux
temporaires en raison des travaux de
construction.
Il est prévu que l'équipe sera de
retour le 8 décembre dans ses locaux
mis à niveau, qui comprendront deux
salles de sédation, un appareil de
radiographie numérisée et un appareil de radiographie ultramoderne qui
remplacera l'appareil vieux de près de
50 ans utilisé auparavant.
L'appareil de radiographie, qui
remonte aux années 1963 environ,
était si désuet qu'il n'existait pas de
pièces de remplacement disponibles
depuis les 15 dernières années.
Selon le Dr Lekic, la clinique se
débrouillait avec ce qu'elle avait,
malgré le fait qu'elle s'occupait des
cas de dentisterie pédiatrique les plus
compliqués des alentours. « C'était la
clinique la plus obsolète de l'ouest du
Canada. »
Plus maintenant. En effet, grâce à un
prêt sans intérêt de quatre ans, d'une
valeur de 1 million de dollars consenti
par la Région sanitaire de Winnipeg,
la nouvelle clinique disposera de
toutes les commodités.
Le Dr Lekic espère que la clinique
pourra doubler ou même tripler le
nombre de patients dont elle s'occupe.
Actuellement, les patients sont aiguillés
vers la clinique par d'autres dentistes.
Le Dr Lekic et son personnel voient
également des patients qui sont admis
à l'Hôpital pour enfants pour des
problèmes médicaux, mais qui ont aussi
des problèmes dentaires dont il faut
s'occuper.
Tous les honoraires générés à
la clinique par le Dr Lekic et les
deux résidents seront retournés à la
clinique pour rembourser le prêt. « La
clinique lèvera également des fonds
pour faciliter le remboursement »,
ajoute le Dr Lekic, chirurgien-dentiste
pour enfants qui dirige également le
programme de dentisterie pédiatrique
de l'Université du Manitoba.
Pas un sou provenant des
contribuables n'a été investi dans la
clinique, ce qui rend le Dr Lekic - qui
y a accepté un poste il y a deux ans
- très fier. « Il s'agit d'une situation
unique dans laquelle une clinique est
rénovée sans qu'un cent ne provienne
des contribuables et où les fonds
nécessaires aux rénovations sont
générés par le travail des dentistes. »
Le Dr Lekic souhaite également
démarrer une fondation et amasser
auprès des donateurs une somme
substantielle pour que la clinique
puisse aider autant d'enfants
désavantagés ou provenant de familles
à faible revenu que possible. Santé
Manitoba règle le coût du traitement
des patients atteints de dysplasie
cranio-faciale (développement
compliqué et anormal de la tête et du
visage). Tous les autres soins dentaires
sont réglés par le patient ou par un
régime d'assurance. Pour chaque
dollar recueilli, la clinique dentaire
pour enfants fournira le même
montant, ce qui doublera les fonds qui
serviront à traiter autant d'enfants que
possible.
Pour des enfants comme Tanner
et Conner Klassen, avoir un dentiste
comme le Dr Klus, qui les met à
l'aise dans sa chaise de dentiste, fait
toute la différence du monde. « C'est
merveilleux, parce que les dentistes
réussissent si bien à faire en sorte
que les enfants se sentent détendus et
confortables, commente la mère des
garçons, Tammy Klassen. Lorsqu'on
n'a pas à craindre que les enfants
soient nerveux, la moitié du travail est
accompli. »
« Je ne pense pas avoir déjà été
nerveux à la pensée de venir chez le
dentiste. J'étais un peu nerveux au
sujet de la chirurgie », avoue Tanner,
dont deux de ses dents supérieures ont
été extraites par chirurgie, en février
dernier, pour faire de la place afin que
ses dents d'adulte sortent.
Ses dents ne sont pas encore
sorties, mais Tanner l'accepte avec
patience. Conner, qui est dans la
même situation, ne s'en fait également
pas plus qu'il faut au sujet des ses
problèmes dentaires. Malgré leurs
difficultés, les deux garçons ont une
excellente hygiène bucco-dentaire et
n'ont pas de douleur.
Sous bien des aspects, les deux
frères ont de la chance.
Près de 500 enfants manitobains
souffrent de maux de dents chroniques
à cause de certains problèmes,
notamment des caries et des abcès
non traités qui sont compliqués par
une mauvaise hygiène bucco-dentaire.
« Il est inacceptable pour moi, en tant
que professionnel, d'aller travailler
et de vivre en sachant qu'il y a des
centaines d'enfants au Manitoba
qui vont se coucher chaque soir en
pleurant à cause de maux de dents »,
déclare le Dr Lekic.
Winnipeg compte 19 dentistes
pédiatriques, ce qui lui confère le
meilleur taux par habitant du pays.
Pourtant, de nombreux enfants ont
des problèmes de santé dentaire. C'est
chez une minorité d'entre eux - soit
un peu moins de 30 pour cent de
tous les enfants manitobains - que
l'on trouve 90 pour cent de tous les
abcès, caries et maux de dents de la
province, explique le Dr Lekic. Un
grand nombre d'entre eux vivent
dans des communautés rurales et
pauvres, où on ne leur enseigne pas
toujours l'hygiène dentaire. « Ces
enfants arrivent chez le dentiste trop
tard, ajoute-t-il. La solution consiste à
intervenir avant que le problème ne se
pose. »
À cette fin, la clinique a mis en
oeuvre un programme de prévention.
Durant leur troisième année de
résidence, les dentistes pédiatriques
iront dans une communauté
autochtone pour enseigner l'hygiène
dentaire. Ce programme de prévention
fait partie de leur thèse de maîtrise.
La clinique accueille deux résidents
chaque année, de sorte que dans
trois ans, il y aura six résidents qui
enseigneront les soins préventifs.
Le Dr Lekic fera également de la
représentation en faveur de la création
d'autres programmes de prévention -
un autre volet de son plan directeur
qui vise à aider autant d'enfants que
possible. « Mon travail ici consiste
à garantir que les enfants puissent
vivre leur vie - leur enfance - sans
douleur, dit-il. C'est une obligation,
une entente. »

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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