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Les délais d'obtention d'une chirurgie de la hanche à Winnipeg sont parmi les plus courts au Canada

Brenda Unfried et son mari, Charlie Unfried.
Brenda Unfried et son mari, Charlie Unfried.
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Soins orthopédiques dans la Région sanitaire de Winnipeg

Fractures de la hanche

Réparer un fémur fracturé

Conseil pour la prévention des fractures de la hanche

PAR ROBIN SUMMERFIELD
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, novembre / décembre 2011

Brenda Unfried ne se sentait pas bien depuis des semaines, voire des mois.

Elle n'avait pas de douleur. Elle n'avait pas de fièvre, de frissons, de toux ni de masse ou de bosse inquiétante. Elle ressentait plutôt un malaise général et avait une impression persistante que quelque chose ne tournait pas rond.

« Je suis le genre de personne qui ne va jamais chez le médecin. J'aurais probablement dû le faire », affirme-t-elle.

En mai dernier, alors qu'elle fait la file dans un restaurant, Mme Unfried s'effondre.

Tout devient blanc, puis noir. Elle se réveille au sol entourée d'un groupe de personnes. La femme de 61 ans peut à peine bouger. « J'avais tellement mal. »

Elle réussit à se traîner jusqu'à une table et deux jeunes hommes, de futurs ambulanciers paramédicaux comme elle l'a appris plus tard, l'aident à s'asseoir pour attendre l'ambulance qui va la transporter à l'Hôpital Concordia.

Une fois sur place, Mme Unfried est amenée aux services d'urgence pour une radiographie. Lorsque les techniciens placent sa jambe pour prendre les radiographies nécessaires, elle ressent une vive douleur. « Je pensais mourir, dit Mme Unfried. Je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. C'était horrible. » Rien de surprenant. Mme Unfried avait une fracture de la hanche.

On parle en général d'une fracture de la hanche pour décrire une fracture du fémur, l'os de la cuisse qui est relié à la hanche. Il s'agit d'une des blessures les plus graves et douloureuses qui soit. Une telle fracture empêche non seulement la personne de bouger, elle est aussi associée à un taux de mortalité relativement élevé. Par conséquent, une intervention chirurgicale rapide est essentielle. Des études indiquent que les délais rendent le rétablissement plus difficile et augmentent les taux de mortalité. Des soins rapides améliorent quant à eux la qualité de vie, diminuent la douleur, raccourcissent l'hospitalisation et accélèrent la réadaptation.

Heureusement pour Mme Unfried, le Manitoba offre des délais parmi les plus courts au Canada pour une chirurgie de la hanche. Chaque année, quelque 700 personnes se fracturent la hanche dans notre province, et on estime que 81,2 % d'entre elles peuvent s'attendre à avoir une chirurgie dans les 48 heures suivant leur fracture. Mme Unfried a été opérée pour réparer sa hanche à peine 26 heures après son accident. Seul le Nouveau-Brunswick obtient un résultat supérieur, à un taux de 82,9 %.

Bien entendu, ces interventions rapides ne tiennent pas du miracle.

En 2007, le Manitoba présentait le pire bilan au pays concernant les délais pour les soins des fractures de la hanche selon les Indicateurs de santé, un rapport national qui analyse et compare les systèmes de santé provinciaux, les soins aux patients et l'accès aux services et qui est publié par l'Institut canadien d'information sur la santé et Statistique Canada.

À l'échelle provinciale, un peu plus de la moitié des patients ayant subi une fracture de la hanche (53 %) étaient opérées dans le délai de référence de 48 heures, alors que les 47 % restant devaient attendre plus longtemps, ce qui retarde le rétablissement à long terme et accroît les risques de décès.

Puis, les choses ont commencé à changer.

Dirigé par le Dr Eric Bohm, le comité de normalisation en orthopédie de la Région sanitaire de Winnipeg s'est attaqué à l'élaboration d'un plan novateur pour remanier le programme de chirurgie de la hanche.

Les Indicateurs de santé de 2007ont eu un effet catalyseur, affirme le Dr Bohm, qui est aussi directeur de la recherche pour le Concordia Joint Replacement Group du Concordia Hip and Knee Institute. Les soins ont alors connu une amélioration spectaculaire. « Nous avons quitté la queue du peloton pour nous hisser dans les positions de tête au Canada. »

Il a été primordial de changer la façon d'envisager les fractures de la hanche au sein du système de santé. Le Dr Bohm, qui copréside le comité de normalisation en orthopédie de la Région depuis 2005, se préoccupe du bon déroulement des soins depuis le début de son mandat. Ainsi, avec l'appui des responsables régionaux en matière de chirurgie, le groupe a entrepris de faire son propre examen des soins.

En collaboration avec Laurie Walus, coprésidente du comité de normalisation, et Linda MacDonald, coordonnatrice de la liste d'attente en orthopédie pour la Région, le Dr Bohm a demandé aux directeurs des programmes de chirurgie de l'Hôpital Grace, de l'Hôpital général Seven Oaks, de l'Hôpital Concordia, de l'Hôpital général Victoria et du Centre des sciences de la santé de recueillir des données sur les chirurgies et les soins donnés aux patients ayant subi une fracture de la hanche. Il fallait cerner les causes générales des délais d'obtention d'une chirurgie de la hanche. On a découvert que les patients rencontraient cinq principaux obstacles les empêchant d'obtenir rapidement une chirurgie à la suite d'une fracture de la hanche, notamment :

  • Le manque de place dans les hôpitaux et une apparente incapacité à accepter des patients de l'extérieur de la région;
  • L'attente que les effets des médicaments anticoagulants pris par les personnes se dissipent avant de procéder à la chirurgie;
  • Une consultation préalable à la chirurgie obligatoire, mais parfois superflue, avec un médecin spécialiste de la médecine interne;
  • Un système de classification des chirurgies d'urgence qui pouvait supplanter les chirurgies de la hanche et les reporter au-delà du délai de 48 heures;
  • Le manque de sensibilisation au sein du système de santé quant à la nécessité d'agir rapidement dans le cas des chirurgies de la hanche.

Grâce aux recommandations du Dr Bohm et de ses collègues, la Région a apporté de vastes changements au système existant. Voici quelques-uns de ces changements :

  • Un système de rotation précise explicitement quel hôpital de la Région est responsable d'accepter les patients ayant une fracture de la hanche en provenance des hôpitaux des régions rurales. Comme l'explique le Dr Bohm, « C'est comme si ces patients arrivaient à nos services d'urgence ».
  • Après avoir passé en revue les données les plus récentes sur les patients qui prennent l'anticoagulant Plavix et les effets de l'anesthésie rachidienne, les médecins ont conclu que « les risques liés à l'interruption du médicament, en particulier les AVC, dépassaient l'éventualité d'une légère réduction des saignements », selon le Dr Bohm. Aujourd'hui, les patients qui ont une fracture de la hanche et qui prennent des anticoagulants sont placés sous anesthésie générale pour permettre aux chirurgiens de faire l'intervention dans un délai opportun.
  • Le processus de consultation obligatoire avant la chirurgie a été simplifié pour n'inclure que le chirurgien orthopédiste et l'anesthésiste, à moins que le patient n'ait un problème médical préexistant, comme une insuffisance cardiaque congestive ou un rythme cardiaque irrégulier non stabilisé. Pour ces cas spéciaux, il doit encore y avoir une consultation avec un spécialiste de la médecine interne.
  • Le système de classification des chirurgies urgentes place maintenant les patients ayant une fracture de la hanche et dont la chirurgie a été remise au lendemain au deuxième rang des urgences. Une classification plus élevée signifie que les patients seront opérés plus rapidement.
  • Un programme d'éducation à l'intention des professionnels de la santé de la Région souligne l'importance de procéder rapidement aux chirurgies des patients ayant une fracture de la hanche, explique les risques d'augmentation de la mortalité, sensibilise aux problèmes liés aux retards inutiles attribuables aux anticoagulants et parle de la nécessité d'éliminer les consultations superflues avec des spécialistes de la médecine interne avant la chirurgie.

« Nous avons travaillé fort, mais avons obtenu des améliorations considérables », déclare le Dr Bohm en parlant des changements apportés au cours des dernières années.

Le Dr Peter MacDonald, directeur médical de l'orthopédie auprès de la Région sanitaire de Winnipeg, partage cet avis et ajoute que les changements apportés par le comité ont été mis en oeuvre dans tous les établissements de la Région effectuant des chirurgies de la hanche, y compris l'Hôpital Concordia, l'Hôpital général Seven Oaks et le Centre des sciences de la santé. « Toutes les chirurgies de la hanche faites à Winnipeg suivent les mêmes lignes directrices », dit-il.

Mme Unfried a eu la chance de bénéficier de ces changements. Peu après son arrivée aux services d'urgence de l'Hôpital Concordia, l'équipe médicale s'est mise au travail. Le médecin en service a procédé à une évaluation initiale de la blessure de Mme Unfried et a demandé une radiographie.

Une fracture transtrochantérienne a été diagnostiquée, ce qui veut dire que la fracture s'est produite sous le col du fémur, l'os de la cuisse qui relie la hanche au genou.

L'équipe médicale de Concordia a aussi découvert la raison expliquant la chute de Mme Unfried, le diabète de type 2. Sa glycémie a atteint un sommet vertigineux pendant qu'elle était au restaurant, ce qui l'a fait tomber. Donc, en plus de se retrouver avec une fracture de la hanche Mme Unfried a aussi dû apprendre à gérer son diabète.

Une fois le diagnostic posé, le médecin des services d'urgence a consulté le Dr Bohm. Il a ensuite évalué la patiente en procédant à un examen physique et en étudiant les radiographies.

En général, un chirurgien recommandera un plan de traitement après sa consultation qui tient compte de nombreux facteurs, notamment le genre de fracture, l'âge du patient et le niveau de mobilité. Les interventions peuvent aller du soulagement non chirurgical de la douleur chez des patients très malades (qui reçoivent par exemple des soins palliatifs pour un cancer) à la réparation de la fracture à l'aide de plaques, de vis ou de tiges pour mettre en place une prothèse totale ou partielle de la hanche.

Comme on peut s'y attendre, la technologie utilisée dans les chirurgies de la hanche s'est améliorée au fil des ans. À l'Hôpital Concordia, et dans toute la Région, le matériel utilisé pour les réparations de la hanche permet maintenant aux patients de se remettre sur pied plus rapidement qu'il y a dix ans. De plus, les hôpitaux de la Région ont commencé à utiliser les prothèses complètes de la hanche pour certaines fractures, ajoute le Dr Bohm. « On semble ainsi obtenir un meilleur résultat à long terme en matière de fonctionnalité. »

Dans le cas de Mme Unfried, le Dr Bohm a choisi de stabiliser sa hanche fracturée avec une plaque et des vis. Une fois insérées, les vis maintiennent l'os fracturé en place et le processus de guérison, qui peut nécessiter de trois à six mois, commence.

Grâce à de puissants analgésiques et aux soins fournis par des spécialistes, Mme Unfried n'a pas souffert avant sa chirurgie, mais elle avait quelques appréhensions face à ce qui l'attendait. Elle se demandait à quel moment elle serait rétablie et en mesure de reprendre son travail de courtière d'assurance.

Heureusement, elle bénéficiait de quelques avantages. Après avoir pris pendant 20 ans des suppléments de calcium, ses os étaient plutôt solides. La fracture était nette et son bagage génétique l'avantageait. La mère de Mme Unfried âgée de 92 ans a reçu une double prothèse de la hanche et s'est très bien remise de l'opération. « Il ne m'est jamais passé par l'esprit que je ne guérirais pas », affirme Mme Unfried. Sa plus grande peur était de « ne pas se réveiller » après la chirurgie.

Elle s'est bel et bien réveillée, avec une hanche toute neuve. Mises à part les 20 agrafes et une cicatrice de cinq pouces dans le haut de sa cuisse, Mme Unfried se sentait bien, soulagée et reconnaissante. « Ils ont fait un travail fantastique », déclare-t-elle. Des analgésiques ont permis à Mme Unfried de « ne rien sentir ». À l'aide d'un cadre de marche, le personnel infirmier la remise sur ses pieds pour la faire marcher le lendemain de la chirurgie. Elle a fait une dizaine de pas jusqu'à la porte de sa chambre, puis est retournée à son lit.

« Comme j'arrivais à supporter mon poids, je savais que tout allait bien aller. »

De retour dans sa maison de Kildonan Est, Mme Unfried a été envahie par le traumatisme émotionnel de son expérience. « Je fondais en larmes et je m'apitoyais sur mon sort. »

Elle a utilisé le cadre de marche pendant deux semaines avant de passer à une canne pendant encore quatre semaines. Ses agrafes ont été enlevées au bout de seulement dix jours.

De son propre choix, elle est restée principalement chez elle pendant un mois après son accident et la chirurgie. Elle est venue à bout des quelques épisodes de spasmes musculaires et de douleur intense dans sa hanche avec de l'acétaminophène extra-fort. Mis à part le rendez-vous de suivi habituel avec le Dr Bohm à la fin mai, Mme Unfried n'a pas eu besoin de réadaptation.

« C'est ce à quoi je m'attendais et j'ai pris mon temps. Je voulais faire les choses à mon rythme », ajoute-t-elle.

Maintenant, Mme Unfried a recommencé à travailler. Sa hanche et sa vie sont presque revenues à la normale, grâce à l'intervention rapide de l'équipe médicale de l'Hôpital Concordia.

Robin Summerfield est un rédacteur de Winnipeg.

Le Courant

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Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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