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Il faut bon chez nous

Les logements avec services de soutien permettent aux personnes âgées d'être autonomes dans un milieu sécuritaire

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Qu'est-ce que le logement avec services de soutien?

Résidences avec services de soutien

PAR HELENA COLE
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, septembre / octobre 2010

À l'été 2007, Louisa Loeb fait face à un carrefour de sa vie.

Quelques mois plus tôt, cette femme de Winnipeg, alors âgée de 81 ans, a fait un AVC qui l'a laissée incapable de parler.

C'est une période difficile pour Louisa qui a été professeure à la faculté de l'éducation de l'Université de Brandon et qui menait une vie active. Durant toute sa carrière, elle a présenté des exposés, rédigé des articles et travaillé sur des doctorats. Elle a même trouvé le temps de compiler et de publier quelques ouvrages sur des sujets qui lui tiennent à coeur : la culture ukrainienne et l'enseignement.

Son AVC est venu tout bouleverser. Après avoir passé sa vie à aider les autres, Louisa avait désormais besoin d'aide.

Fidèle à elle-même, Louisa a travaillé d'arrache-pied à sa réadaptation. Elle a passé les mois de mai et juin 2007 au programme de réadaptation de l'Hôpital Riverview. Au cours de l'été, elle a fait des progrès continus et, à l'approche de l'automne, elle était prête à passer à une autre étape. Il fallait toutefois se demander où Louisa pourrait bien aller.

Malgré son rétablissement, Louisa ne pouvait pas retourner vivre seule dans son condo. Elle n'était pas capable de se faire à manger ni de faire sa lessive et les autres tâches ménagères. Toutefois, Louisa n'était de toute évidence pas prête à aller vivre dans un foyer de soins personnels. Elle pouvait encore faire beaucoup de choses seule et elle n'était pas prête à renoncer à son indépendance et à son intimité.

Heureusement, Louisa a été capable de trouver une solution, un endroit qui offrait un compromis entre l'énorme difficulté de vivre seule et l'environnement contrôlé d'un foyer de soins personnels. Par le truchement du Programme de logements avec services de soutien de la Région sanitaire de Winnipeg, Louisa a pu trouver un logement à la résidence Rosewood de Revera, l'un des nombreux établissements avec services de soutien à Winnipeg.

Financés dans le cadre d'un partenariat entre la Région et des promoteurs locateurs, les logements avec services de soutien offrent une solution relativement nouvelle aux personnes qui ne peuvent plus vivre dans leur propre maison, mais qui ne sont pas prêtes à s'installer dans un foyer de soins personnels.

Kathy Taylor, directrice du projet de logement communautaire dans la Région explique que les logements avec services de soutien sont une solution idéale pour les personnes comme Louisa. « Cette formule offre des services de soutien, comme les repas, la lessive et le ménage dans un milieu sécuritaire. Ainsi, le logement avec services de soutien favorise l'indépendance, encourage la socialisation et permet aux personnes âgées de rester plus longtemps dans la collectivité. »

Les résidents ont leur propre appartement et leurs objets personnels : meubles, oeuvres d'art, livres, photographies, souvenirs, etc. Des repas équilibrés sont servis dans une salle à manger commune pour que les personnes âgées aient une saine alimentation et aient l'occasion de socialiser avec les autres résidents.

Le fils de Louisa, Gerald Loeb, dit que le logement avec services de soutien est la solution parfaite aux besoins de sa mère. « La beauté du logement avec services de soutien est qu'il offre la sécurité d'une supervision à temps plein, des repas complets et des services d'entretien ménager tout en garantissant l'indépendance », ajoute-t-il.

Dans le cas de Louisa, la vie à la résidence Rosewood ressemble à des vacances. « J'aime vivre ici, dit-elle. Je suis contente d'être ici. J'ai beaucoup d'amis et j'apprécie être avec d'autres personnes. Je ne vivrais pas cette expérience ailleurs qu'à Rosewood. »

Louisa aime socialiser et participe aux nombreuses activités récréatives. « J'aime faire des sorties ou participer à des activités », affirme-t-elle.

Un des aspects intéressants du logement avec services de soutien est qu'il réunit des personnes de tous les milieux, ce qui créé un milieu de vie stimulant.

Louisa est un bon exemple. En tant qu'universitaire et éditrice, elle s'intéresse beaucoup à la littérature et aux arts. « Mon père était Ukrainien et ma mère était Russe. Notre maison était très multiculturelle », explique Louisa lors de notre visite. « Mes parents sont arrivés au Canada en 1924, trois mois avant ma naissance. »

Louisa a rendu hommage à cet héritage en publiant une compilation d'histoires, de poèmes et de chansons que les Ukrainiens ont apportés avec eux dans leur nouveau pays. La traduction des oeuvres a été faite par Florence Randal Livesay et l'ouvrage est paru sous le titre Down Singing Centuries, the Folk Literature of the Ukraine. Elle a aussi compilé et publié l'ouvrage Manitoba Permit Teachers of World War II, un livre sur les expériences des jeunes filles qui étaient recrutées dans les écoles secondaires pour enseigner dans les écoles à classe unique de toute la province durant la Deuxième Guerre mondiale.

En effet, en 2005, à l'âge de 79 ans, Louisa a contribué à organiser une réunion des enseignantes de la guerre. « L'importante contribution de ces enseignantes n'avait jamais été reconnue. Vingt-neuf enseignantes à la retraite sont venues à la première rencontre. La deuxième fois, leur nombre a doublé. »

Louisa a aussi consacré sa vie à l'éducation et au bien-être des enfants d'ici et de l'étranger. Les prix qui lui ont été remis notamment par le Manitoba Council for Exceptional Children, le Conseil de planification sociale, l'Aboriginal Literacy Foundation et la Communauté noire du Manitoba montrent son exceptionnel dévouement pour le travail bénévole. « J'adorais enseigner et aider les autres, dit-elle. C'est si important de faire un travail qui compte. »

Dans l'esprit de son engagement communautaire, Louisa a trouvé de nouvelles façons de contribuer à la vie à la résidence Rosewood. « J'ai appris toute seule à tricoter, explique-t-elle en ajoutant qu'elle tricote des foulards qu'elle offre au programme de tricot de Noël. C'est important de redonner », dit-elle d'un ton énergique.

En ce qui concerne la nécessité des solutions de rechange en matière de logement, l'histoire de Louisa n'est pas exceptionnelle. Alors que la population vieillit, de plus en plus de personnes âgées doivent accepter le fait qu'elles ne peuvent plus vivre seules.

La Région reconnaît qu'il faut offrir plus de logements avec des services de soutien qu'il y a dix ans, alors que le concept du logement avec services de soutien était lancé. Au cours des cinq dernières années, le nombre de places dans des logements avec services de soutien à Winnipeg a doublé pour atteindre au total 516 places. Le nombre de demandes pour un logement avec services de soutien a aussi connu une hausse, atteignant les 352 demandes en 2009, comparativement à 230 en 2006.

La demande devrait augmenter dans les années à venir. L'âge moyen d'un résident d'un logement avec services de soutien est de 85 ans. Actuellement, 30 000 personnes âgées entre 75 et 84 ans vivent à Winnipeg et dans les collectivités voisines et ce nombre pourrait s'approcher de 50 000 au cours des 20 prochaines années.

Bien entendu, il peut être difficile de prendre des décisions au sujet du logement, non seulement pour la personne concernée, mais aussi pour la famille.

Roxanne Reich, directrice des Services aux résidents à la résidence Rosewood Village, dit que toutes les familles vivent des situations différentes, mais qu'elles ont toutes un point en commun. « Les gens ont peur de perdre leur indépendance, dit-elle. Ils ont en tête les foyers austères d'autrefois. »

Il ne faut toutefois pas beaucoup de temps pour comprendre que ces résidences n'ont rien en commun avec les foyers de soins personnels, ajoute-t-elle. « Certaines personnes ont besoin de deux à trois mois pour faire leur place et se sentir chez elles, alors que pour d'autres l'adaptation est immédiate. »

Louisa s'adapte très bien à son nouveau style de vie, explique Mme Reich. « Elle s'est extrêmement bien remise de son AVC et elle se sent stimulée ici. Nous offrons des activités intéressantes durant la journée, de l'exercice, des sorties spéciales, parfois nous mangeons à l'extérieur et nous organisons des activités familiales qui sont très appréciées. »

Gerald Loeb est d'avis que les résidents ne manquent absolument pas de loisirs. « Il se passe toujours quelque chose. Ces logements comblent le fossé entre la vie autonome dans la collectivité et la vie dans un foyer de soins personnels. »

Lorsqu'elle veut être seule ou recevoir tranquillement ses visiteurs, Louisa se réfugie dans son logement qui reflète en tout point sa personnalité. Elle profite du confort de ses meubles personnels, elle a ses plantes et les murs sont couverts de ses oeuvres d'art préférées, de ses nombreux diplômes et des prix qu'elle a reçus pour les services rendus à la collectivité. « Je suis très bien installée ici », affirmet- elle.

Les membres de la famille profitent aussi de ce confort. « Son alimentation est beaucoup mieux, explique Gerald Loeb. Nous savons qu'elle mange bien. Cet un véritable soulagement de savoir qu'on s'occupe d'elle. »

Les personnes qui vivent dans un logement avec services de soutien se tournent vers cette formule pour différentes raisons et dans diverses circonstances.

Mary Gerstmar, une dame enjouée de 93 ans qui vit maintenant à la résidence Lions sur l'avenue Portage, vivait dans sa maison sur la route Henderson jusqu'à il y a environ trois ans.

Cependant, le fait qu'elle vivait seule posait d'importants problèmes à la dame et à sa famille. En plus d'avoir de graves problèmes d'audition, Mary avait d'autres difficultés. Son fils, Joe Gerstmar, et sa femme, Jane, avaient commencé à remarquer de petites choses. « Nous savions qu'elle ne se nourrissait pas bien et qu'elle oubliait des choses, explique Joe. Elle souffrait de démence et nous ne le savions pas. »

Pour les familles ayant des parents à la santé fragile, les responsabilités peuvent devenir accablantes lorsqu'elles s'ajoutent aux stress de la vie quotidienne. « C'était très dur pour ma femme, elle faisait tout pour elle », mentionne-t-il.

Il y a aussi la question de la sécurité. Des tâches autrefois simples à faire deviennent soudainement extrêmement dangereuses. La famille s'inquiétait constamment, car Mary pouvait laisser la cuisinière allumée ou éteindre le chauffage en hiver, explique Joe.

Comme bien des gens étant responsables de parents âgés, Joe ne connaissait pas les options disponibles pour sa mère. En fait, c'est leur médecin de famille lui a parlé du Service de soins à domicile. « Les responsables des soins à domicile nous ont suggéré le logement avec services de soutien. Nous n'avions jamais entendu parler de ce choix. Nous ne savions pas quoi faire. »

Après une évaluation de l'admissibilité effectuée par le personnel de la Région sanitaire de Winnipeg, Mary a été inscrite sur une liste en attendant la libération d'une place. « Nous avons visité plusieurs endroits avant de choisir la résidence Lions », dit Joe.

Le fait de savoir que sa mère est heureuse et bien encadrée dans un milieu sécuritaire a transformé leur vie. Sa mère obtient l'aide dont elle a besoin et Joe sait qu'en cas de problème, quelqu'un sera sur place.

« C'est tout simplement fantastique, un tel soulagement. Les personnes qui travaillent à la résidence sont très spéciales. Nous ne pouvons pas faire pour elle ce que le personnel peut faire 24 heures sur 24. »

Maintenant qu'elle reçoit de l'aide et du soutien, ils n'ont plus à s'inquiéter autant. Mary a ses petites habitudes, comme avant. Elle fait sa promenade matinale, prend le petit déjeuner avec son amie, Pauline, et participe aux activités. Ce n'est pas difficile de comprendre que Mary aime vivre ici.

Dans son appartement, elle a tous ses objets personnels. Les photos de famille qui l'accueillent en entrant lui rappellent qu'elle est chez elle. « J'adore cet endroit, dit-elle. J'aime avoir de la compagnie et avoir quelqu'un à qui parler. Je me fais facilement des amis ici. Je peux demander de l'aide lorsque j'en ai besoin. »

Margaret Coquete, directrice du programme à la résidence Lions, dit que les logements avec services de soutien transforment la vie des familles et des résidents.

« La vie peut devenir complètement chaotique avec les inquiétudes et le stress de prendre soin de quelqu'un, explique-t-elle. On voit souvent une réelle transformation au sein d'une famille lorsqu'elle est convaincue d'avoir trouvé un endroit idéal pour maman. »

« Le programme offre tellement de choses », ajoute-t-elle en mentionnant que le programme de logement avec services de soutien représente un véritable partenariat avec la famille et que tout le monde s'efforce d'offrir une bonne qualité de vie à toutes les parties concernées.

« Je fais de mon mieux pour répondre aux besoins des demandeurs. Notre programme est axé sur les capacités, les intérêts et les niveaux d'autonomie individuels. Toutefois, la participation de la famille est essentielle. Qu'il s'agisse d'accompagner maman ou papa à un rendez-vous ou de poursuivre les activités de loisir, il est important que les familles interviennent. Cette participation permet de continuer de vivre comme avant. »

Bien sûr, il y a les incertitudes et la peur de l'inconnu. « La question ultime consiste à savoir si maman ou papa sera heureux du choix fait, ajoute Mme Coquete. Souvent les résidents s'installent et la transition est beaucoup plus rapide pour eux que pour les familles. »

Il est certainement courant que les gens s'inquiètent de faire le bon choix pour un être aimé, déclare Linda Sherrin, directrice générale de la résidence Harmony Court.

Les familles ressentent de la culpabilité et de l'angoisse. Elles se sentent déchirées de placer un parent dans un établissement de soins. Elles craignent de les envoyer dans un foyer de soins personnels.

Les gens ne comprennent pas le concept du logement avec services de soutien. « Ce n'est pas une institution. Ce n'est pas un établissement clinique ou médical, explique-t-elle. Il s'agit de la nouvelle demeure de maman ou de papa. Ce n'est pas une institution. »

« Un plan d'intervention est élaboré pour répondre aux besoins individuels. Certaines personnes ont besoin d'aide pour prendre un bain ou pour s'habiller. Elles peuvent avoir besoin de se faire rappeler de prendre leurs médicaments. Tout le monde n'a pas les mêmes besoins. »

« Il est important que la vie continue comme avant, explique Mme Sherrin. « Les activités quotidiennes et les stimulations sont des éléments clés. »

Comme dans n'importe quelle nouvelle situation, il peut falloir du temps pour que les résidents s'habituent à leur nouvel environnement. Certaines personnes s'habituent immédiatement, alors que d'autres ont besoin d'un peu plus de temps.

Herbert Butcher, un homme énergique de 83 ans à la tignasse blanche, est toujours prêt à faire des blagues. Nouveau venu à la résidence Harmony Court, il dit qu'il est encore en période d'adaptation. « Je suis un petit nouveau », lance-t-il en riant.

Pour lui, la transition a été facile. Les échanges avec les autres résidents sont faciles et sans effort. « Tout le monde est gentil et le personnel est attentionné. Cet un bon endroit où vivre lorsqu'on doit quitter sa maison. »

Son appartement est impeccable, comme il l'est lui-même. Des sculptures en bois finement travaillées comme on en verrait dans les boutiques sont placées sur sa commode. « Ce n'est qu'un passetemps, dit-il avec modestie. Ma femme disait qu'elles m'aideraient à me sentir chez moi. »

Il s'est habitué à sa nouvelle routine sans broncher. « Après le petit déjeuner, j'aime lire mon journal et regarder les nouvelles ou le sport avec les autres gars. Cet un bon endroit où vivre et la nourriture est bonne. J'ai beaucoup de chance. »

Sa femme, Bev Butcher, se sent soulagée que la sécurité de son mari ne soit plus menacée. La maladie d'Alzheimer dont est atteint son mari depuis six ans a sapé les forces de la dame de 83 ans. « C'est beaucoup mieux maintenant. J'étais au bout du rouleau, dit-elle. Maintenant, je peux voir la lumière au bout du tunnel. »

Une fois que la famille comprend que l'être aimé vit dans un milieu sécuritaire et que ses besoins sont comblés 24 heures sur 24, elle ressent souvent un énorme soulagement. Les familles peuvent recommencer à vivre sans le stress associé aux besoins quotidiens de la personne en matière de soins, affirme Mme Sherrin. « Les relations familiales deviennent meilleures. »

Helena Cole est une rédactrice de Winnipeg.

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Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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