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Un mécanisme magnifique
Une lettre de la Région sanitaire de Winnipeg
PAR ARLENE WILGOSH
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, été 2010
Le coeur est un chef-d'oeuvre
d'ingénierie vraiment extraordinaire.
Examinons les faits : il n'est après tout qu'un peu plus gros
que le poing et pèse entre 200 et 425 g. Quoi qu'il en soit,
chaque jour ce splendide petit mécanisme bat environ 100 000
fois et propulse quelque 7 200 litres de sang dans le corps, soit
presque assez pour remplir une piscine familiale. Du même
coup, il alimente les cellules en oxygène et en nutriments, tout
en éliminant le dioxyde de carbone. Dit simplement, c'est lui
qui nous garde en vie.
Et malgré tout, nous avons tendance à ne plus nous rendre
compte de l'importance de cette merveille de la nature, du
moins jusqu'à ce que quelque chose n'aille plus comme avant.
Et cela arrive plus souvent qu'il ne le faudrait.
La bonne nouvelle c'est que, selon diverses études, les taux
de cardiopathie et de décès associés accusent un déclin constant
depuis le deux dernières décennies. De l'avis des experts,
de tels changements sont attribuables à un certain nombre de
facteurs, dont les progrès dans les soins médicaux et le fait que
nous sommes de moins en moins nombreux à fumer.
Quoi qu'il en soit, et comme nous le soulignons dans notre
dossier spécial de ce numéro du magazine Le Courant, les
cardiopathies demeurent un problème grave. Selon un rapport
publié en 2009 par l'Agence de la santé publique du Canada,
les cardiopathies touchent près de 1,3 million de Canadiens et
sont responsables de plus de 60 000 décès par année.
De plus, les chercheurs s'inquiètent d'une recrudescence
possible des cardiopathies dans les années à venir, principalement
en raison du vieillissement de la population qui devient
ainsi davantage vulnérable au diabète et autres affections
chroniques.
Notre collectivité n'est pas à l'abri de telles tendances.
Chaque année, le Programme des sciences cardiaques de
la Région sanitaire de Winnipeg accueille quelque 50 754
patients, et notre personnel médical s'inquiète lui aussi de voir
s'accroître le nombre de personnes atteintes de problèmes cardiaques
au fur et à mesure que surviendront les changements
démographiques et de style de vie.
Entre-temps, notre équipe de recherche poursuit son travail en vue d'améliorer les soins et de parvenir à
de meilleurs résultats pour les patients. L'un
des domaines pour lesquels nous avons enregistré
des succès concerne le traitement des
patients victimes de crise cardiaque. Chaque
année, nous traitons près de 1 500 patients
pour ce type d'affection, ce qui équivaut à
environ 30 patients par semaine.
Dans le passé, la crise cardiaque aboutissait
souvent au décès du patient, ce qui n'est plus
aussi fréquent maintenant. Comme vous pourrez
le lire dans notre dossier spécial, le taux de
survie à la crise cardiaque a radicalement augmenté
au fil du temps. Il n'y a que quelques années
seulement, le taux de survie des patients
de la collectivité victimes d'une crise cardiaque
STEMI tournait autour de 85 %. Il se rapproche
aujourd'hui de 96 %.
S'il est vrai que ces chiffres, et d'autres encore,
concernant les résultats pour les patients
sont attribuables en partie aux progrès de la
médecine, il existe toutefois d'autres raisons
permettant d'expliquer de telles améliorations.
L'une d'entre elles, souvent oubliée, est la
décision prise en 2004 par la Région sanitaire
de Winnipeg de regrouper les programmes de
sciences cardiaques.
Cette décision a changé le mode de prestation
des soins cardiaques dans la collectivité.
Plutôt que d'avoir différents hôpitaux occupés
à créer leurs propres centres à l'aide de matériel
médical coûteux et de leurs propres spécialistes,
cette décision a permis à la Région
de regrouper le personnel et l'équipement tout
en imprimant une orientation et en favorisant
la synergie. Non seulement la création du Programme
des sciences cardiaques a-t-elle amélioré
la prestation des soins aux patients, mais
elle a aussi fourni un modèle pour d'autres
programmes de soins cliniques partout dans
la Région, comme le Centre d'excellence
en santé oculaire du Centre de santé Misericordia,
le Concordia Hip and Knee Surgery
Centre, et le programme de neurochirurgie du
Centre des sciences de la santé.
Du fait de l'effort consenti au regroupement
des soins cardiaques, nous sommes en mesure
de bien affecter les ressources et de contribuer
à l'amélioration du programme. Et c'est ce
que nous avons fait. Santé Manitoba investit
40,3 millions de dollars pour faire de l'Hôpital
Saint-Boniface un centre d'excellence en
chirurgie et en soins cardiaques. Le projet
consiste notamment à aménager un nouvel espace
dans le Centre Asper, situé sur le campus
de l'Hôpital Saint-Boniface.
Ce nouvel espace est nécessaire, car
nous avons considérablement élargi notre
programme de soins cardiaques, auquel se
sont joints 25 médecins spécialistes au cours
des quatre dernières années, sans parler de
nombreuses infirmières en soins cardiaques
intensifs, et ce, afin de répondre aux besoins
actuels et à venir de la Région.
Nous continuerons d'améliorer la prestation
des soins cardiaques, car c'est là notre travail.
Mais il y a des choses que vous pouvez faire
pour réduire les risques de crise cardiaque et
améliorer vos chances de survivre à une crise
cardiaque.
Vous pouvez par exemple apprendre à
reconnaître les signes précurseurs de la crise
cardiaque. Comme le soulignent les Drs James
Tam et Roger Philipp dans notre dossier spécial,
le plus tôt vous reconnaîtrez ces signes et le
plus tôt vous composerez le 911 pour appeler
une ambulance, plus vous aurez de chances de
survivre à une crise cardiaque.
Bien sûr, le meilleur traitement qui soit ne
peut remplacer la prévention.
Bien que certaines cardiopathies soient
héréditaires, les choix de mode de vie, comme
l'inactivité, le tabagisme et les mauvaises
habitudes alimentaires, peuvent accroître les
risques de maladies cardiaques.
Ici, dans la Région, nous avons lancé un
certain nombre de projets qui contribuent
à promouvoir le bien-être général de la
population. Dans le cadre de son initiative
de réduction du tabagisme par exemple, la
Région collabore avec des partenaires de la
collectivité dans le but d'aider les personnes
à se défaire de leur habitude et d'empêcher
que les enfants ne la contractent. Entre temps,
le programme Winnipeg en mouvement a été
conçu pour nous encourager tous à intégrer
davantage d'activité physique dans notre vie
de tous les jours. La Région participe aussi
à des programmes axés sur les aliments et la
nutrition, notamment aux efforts visant la production
d'une trousse d'outils nutritionnels à
l'intention des nouveaux arrivants au Canada.
Tous ces efforts ont pour objectif d'aider les
gens à faire des choix qui contribueront à
améliorer leur santé cardiaque.
Toutefois, au bout du compte, nous aurons
besoin de bien autre chose que de programmes
bien ficelés pour remporter la lutte
contre les cardiopathies. Nous aurons besoin
que vous, le public, accordiez davantage
d'attention à votre santé cardiaque. Car, aussi
étonnant que cela puisse être, votre coeur a
encore besoin de beaucoup de soins attentifs
pour continuer de battre. Je vous souhaite à
tous et à toutes un très bel été sous le signe de
la sécurité.

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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