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Activiste
communautaire
Emily Hunter s'efforce d'aider les
gens à lutter contre l'ostéoporose
PAR BOB ARMSTRONG
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, été 2010
Emily Hunter, physiothérapeute, remet un balai à sa patiente et demande de faire semblant
qu'il s'agit d'une balayeuse.
Sheila Hirt, la patiente en question, lui
montre sa technique de maniement de
la balayeuse, sous le regard attentif de la
professionnelle de la santé chevronnée.
« Avance et sers-toi de tes jambes »,
conseille Emily, faisant une démonstration
de la technique appropriée.
La technique de maniement de la
balayeuse fait partie d'une longue séance
pratique dans le cadre de laquelle
la physiothérapeute et la patiente se
penchent sur une gamme variée d'activités
et d'exercices de tous les jours afin d'aider
Sheila, chez qui on a récemment diagnostiqué
l'ostéoporose, à garder la forme et la
santé.
Emily se spécialise dans le domaine de
l'ostéoporose, une condition caractérisée
par une faible masse osseuse et une
détérioration des tissus osseux pouvant
provoquer des fractures. Elle suggère à
ses patients des exercices renforçant et
protégeant les os, et leur montre la façon
d'adapter leurs méthodes de travail, de
s'asseoir et de se déplacer afin d'éviter les
blessures.
Elle s'efforce depuis longtemps d'aider
les Manitobains à maîtriser leur santé, ce
qui lui a récemment valu un Healthy Living
Award remis par le centre Reh-Fit.
La stratégie d'Emily : combiner les conseils
pratiques à l'encouragement.
« Ton mouvement est bon », dit-elle à
Sheila, qui fait la démonstration de son
programme d'exercice et d'étirement quotidiens.
« Ton alignement est excellent. »
Emily précise également ce qu'il faut
éviter - comme s'asseoir dans le lit pour
lire, ce qui peut plier la colonne vertébrale
et ainsi l'endommager. Elle suggère plutôt
aux lecteurs de s'asseoir sur un fauteuil, en
laissant reposer le livre sur les genoux (sur
un coussin).
« L'objectif n'est pas de t'effrayer,
mais seulement de te pousser à faire des
changements », dit Emily à sa patiente.
Aider les gens à apporter des changements
dans le but de gérer ou d'éviter
l'ostéoporose fait partie intégrante de son
travail depuis qu'elle est devenue membre
fondatrice de la division du Manitoba
d'Ostéroporose Canada, il y a 15 ans environ.
Aujourd'hui, elle fait partie du comité
exécutif de la division et est présidente du
programme de sensibilisation.
À ce titre, elle peut donner jusqu'à 15
présentations par année à des groupes
communautaires - il peut s'agir d'enfants
d'âge scolaire ou de personnes âgées -
dans le cadre du programme Parlons des
os. En outre, elle participe à un programme
de formation des formateurs intitulé Bone
Up, dans le cadre duquel un nutritionniste,
un pharmacien, un kinésiologue et elle
forment des fournisseurs de soins de santé
pour un traitement sécuritaire des personnes
atteintes d'ostéoporose.
Emily travaille également auprès de survivantes
du cancer du sein, qui présentent un
risque d'ostéoporose particulièrement élevé
en raison du traitement qu'elles ont suivi.
Tous les deux mois, elle participe à des ateliers
sur l'ostéoporose organisés par Action
Cancer Manitoba.
Cette contribution au sein d'Ostéropose
Canada s'ajoute à son travail dans son entreprise,
Hunter Physiotherapy, qui compte
cinq autres physiothérapeutes. Ayant commencé
sa carrière en 1968 après avoir fait
ses études à l'Université du Manitoba, elle
a ouvert sa première clinique en 1989 et
a déménagé à son adresse actuelle sur le
boulevard Provencher en 1993.
Physiothérapeute en orthopédie, Emily
travaille avec des patients de tous âges ayant
des blessures au genou, à l'épaule, au
dos ou au cou.
Étant donné son travail dans le domaine
de l'ostéoporose, il arrive souvent que des
médecins ou d'autres physiothérapeutes lui
adressent des patients.
C'est ainsi que Sheila a abouti à la clinique
d'Emily. Après qu'une mesure de la
densité osseuse eut révélé que l'ostéopénie
(précurseur de l'ostéoporose) dont elle était
atteinte s'était transformée en ostéoporose,
elle a appelé Ostéoporose Canada
afin de trouver un physiothérapeute et
l'organisation l'a dirigée vers Emily.
« Sheila a eu le bon réflexe; elle a été
proactive dans sa gestion de la maladie »,
de dire Emily, qui encense Sheila pour sa détermination dans l'application de son
programme d'exercice, qu'elle a commencé
il y a 15 ans, lorsqu'elle a reçu le
diagnostic d'ostéopénie.
Le travail d'Emily avec les personnes atteintes
d'ostéoporose a influé sur la façon
dont elle perçoit pratiquement tout le
monde qui vient à sa clinique.
« Après 15 ans, mon travail a nettement
changé la façon dont j'aborde les gens,
dit-elle. Si une personne de 50 ans ou plus,
ou même plus jeune vient me voir, je lui
demande toujours si elle boit du lait ou du
lait de soja, ou si elle prend des suppléments
de calcium ou de vitamine D. »
Elle a vu à quel point l'ostéoporose est
répandue. En effet, cette maladie touche
une femme sur quatre. Chez les Autochtones,
ce taux peut aller jusqu'à une
femme sur deux.
Bien que l'on considère qu'il s'agit
d'une maladie qui touche les femmes,
jusqu'à un homme sur huit est atteint.
Dans la collectivité autochtone, un homme
sur quatre est touché.
« Plus on fait de dépistage chez les hommes,
plus on relève de cas de la maladie. »
Compte tenu du fait que les jeunes
d'aujourd'hui mènent souvent une vie
sédentaire et ne vont pas beaucoup à
l'extérieur, Emily craint une augmentation
de l'incidence de l'ostéoporose en raison
du manque d'exercices de port de poids et
d'une absorption insuffisante de vitamine
D du soleil. Celle-ci aide l'organisme
à absorber le calcium et ainsi renforcer
l'ossature.
« Les enfants passant leur temps devant
l'ordinateur ou la télévision, l'ostéoporose
sera encore plus généralisée, affirme Emily.
C'est à l'enfance que l'organisme prépare
l'ossature. Voilà pourquoi on considère
parfois l'ostéoporose comme un problème
pédiatrique qui ne se manifeste que plus
tard dans la vie. »
C'est pour cette raison que la division
du Manitoba d'Ostéoporose Canada a mis
sur pied le programme Sip and Skip, dans
le cadre duquel on encourage les enfants
de l'école primaire à faire le suivi de leur
apport en calcium et de leur activité physique.
Le programme a reçu ce printemps
Le Prix du Tour de table sur l'alimentation
pour le Manitoba et la Saskatchewan remis
par Les diététistes du Canada.
Les facteurs à l'origine de l'ostéoporose
comprennent l'hérédité, l'alimentation
(carence en calcium et en vitamine D),
le manque d'exercices de port de poids
et la prise de médicaments qui bloquent
l'absorption du calcium (comme ceux
que l'on prend pour traiter la polyarthrite
rhumatoïde). Même si la vitamine D peut
être absorbée à partir de la lumière du soleil,
l'effet combiné des vêtements d'hiver,
des courtes journées et de l'angle restreint
selon lequel la lumière du soleil aboutit
sur la surface terrestre signifie que pour
une bonne partie de l'année, les Canadiens
ne peuvent compter sur le soleil pour les
aider, c'est pourquoi les suppléments et
les produits laitiers enrichis de vitamine D
sont importants.
L'ostéoporose peut mener à des fractures,
lesquelles sont associées à une douleur
immédiate, de même qu'à une perte
de mobilité, chose qu'Emily connaît bien.
En effet, elle se remet d'un remplacement
du genou effectué en mars et qui
visait à régler une vieille blessure qu'elle a
avait subie en jouant au curling.
Elle entend reprendre la marche, le vélo,
le golf et le curling de façon graduelle, à
mesure que l'état de son nouveau genou
s'améliorera. Soulignons qu'elle dirige
également un cours d'exercices au sol,
d'entraînement aux poids et de Pilates. «
J'ai un motif qu'il faut garder secret, ditelle
à la blague. Je profite de mes cours
pour moi-même faire de l'exercice. »
Rester active, conserver sa force, prendre
plaisir à travailler et passer du temps avec
sa famille et « des amis fabuleux », voilà
les composantes, selon elle, d'une vie
saine.
Ce qu'elle a récemment vécu avec son
intervention chirurgicale a fait en sorte
qu'elle croit encore plus que la collectivité
représente une partie importante d'un
mode de vie sain.
« Le mois après mon intervention, pas
une journée ne s'est écoulée sans que
quelqu'un vienne me voir, que ce soit
pour m'apporter des plats ou me rendre
visite. Je me suis promis de faire de même
lorsqu'une personne que je connais serait
malade. »
Bob Armstrong est un rédacteur de Winnipeg.
Healthy Living Awards, 2010
Le centre Reh-Fit a créé, dans le but de promouvoir un mode de vie sain, les Healthy Living Awards (« Prix pour un mode de vie sain »). « Remis chaque année, ces prix visent à récompenser les organisations et les personnes ayant contribué à la promotion d'un mode de vie sain dans la collectivité », affirme Sue Boreskie, chef de la direction du centre Reh-Fit. Depuis 1999, on a souligné la contribution de 173 citoyens manitobains ou organisations manitobaines qui ont fait la promotion de la santé communautaire en encourageant une vie active. Dans le présent numéro, la Région sanitaire de Winnipeg se joint au centre Reh-Fit pour féliciter les deux gagnants sélectionnés plus tôt dans l'année.
Pour plus d'information sur la mise en nomination
d'une personne ou d'une organisation, cliquez ici.

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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