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Je n'ai rien senti du tout!
Les Winnipegois font la queue pour recevoir le vaccin contre la grippe alors que la campagne d'immunisation bat son plein
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, novembre / décembre 2009
En tenant sa mère par la main, un petit
garçon entre dans la clinique de vaccination
contre la grippe H1N1 de la Région
sanitaire de Winnipeg à Grant Park. Ses
grands yeux bruns sont écarquillés et on
peut y voir de l'étonnement et un soupçon
d'inquiétude.
Tout autour de lui, des dizaines
d'enfants et d'adultes sont assis, ou se tortillent,
sur les chaises, manches relevées,
bras exposés, prêts à recevoir le vaccin.
On entend ici et là le cri d'un enfant
s'élever au-dessus des bruits de la foule,
au rythme des injections.
Cependant, le jeune garçon ignore
l'action qui se déroule autour de lui. Il accorde
toute son attention à l'infirmière qui
se trouve devant lui.
Dans quelques minutes, il fera partie
des milliers de Winnipegois qui auront été
immunisés dans le cadre de la campagne
de vaccination de masse contre la grippe
H1N1 organisée par la Région, soit l'une
des mesures sanitaires publiques les plus importantes jamais vues.
Lorsque le présent numéro du magazine
Le Courant paraîtra, plus de 175 000 personnes
auront été vaccinées contre le virus
H1N1. La plupart des gens auront reçu le
vaccin à l'une ou l'autre des cliniques de
vaccination de masse. Les autres personnes
auront été vaccinées dans le cadre de
divers programmes communautaires de
proximité.
Contrairement à d'autres endroits au
pays, la campagne de vaccination contre
la grippe H1N1 de Winnipeg a connu
un départ canon avec près de 60 000
personnes vaccinées lors de la première
semaine de fonctionnement des cliniques.
Même si certaines personnes ont dû faire la
queue pendant plusieurs heures, la grande
majorité des gens ont été patients. « J'aurais
préféré que le tri soit fait dès le départ,
explique Elli Naksmichi peu après avoir fait
vacciner ses trois enfants. Cependant, le
personnel a été merveilleux. »
Lou Savelsbergh, 78 ans, renchérit, « Le
personnel infirmier a été extraordinaire.
Nous avons le meilleur système de santé
au monde », a-t-il affirmé après avoir été vacciné.
M. Savelburgh parle ainsi du personnel
infirmier de la santé publique, comme
Michele Rousseau qui s'assure que le
vaccin est injecté de façon sécuritaire à
toutes les personnes qui lui tendent le bras.
Infirmière autorisée depuis 23 ans, Mme
Rousseau travaille actuellement à temps
partiel comme monitrice en soins infirmiers
au Red River College et enseigne au Centre
des sciences de la santé. Elle a commencé
sa carrière d'infirmière en vaccination il y
a environ quatre ans, principalement parce
qu'elle aime travailler auprès de la population.
Lorsqu'on a demandé au personnel
infirmier de faire de la vaccination dans
les cliniques, Mme Rousseau s'est jointe au
quelque 400 infirmiers et infirmières qui
ont répondu à l'appel.
Le travail de cette infirmière consiste à
aider les gens en les sensibilisant aux avantages
de l'immunisation contre la grippe.
« J'aime aussi rencontrer les familles et
les enfants et je m'efforce de rendre leur
expérience la plus agréable possible »,
dit-elle.
Tout le monde peut être témoin de sa
passion et de son professionnalisme alors
qu'elle accueille le petit garçon aux grands
yeux bruns.
« Comment vas-tu? », lui demande
Mme Rousseau pour mettre le garçonnet à
l'aise.
Rien.
Mme Rousseau fait une nouvelle tentative.
« Quel âge as-tu? »
Bingo!
« Je vais avoir quatre ans en novembre
», répond l'enfant en affichant un large
sourire et en lui montrant quatre doigts.
Une fois la glace brisée et son jeune
patient calmé, Michele Rousseau se
tourne vers la mère du garçon. Elle passe
méthodiquement en revue le formulaire
de consentement qui doit être signé par
chaque personne ou tuteur. Les questions
portent sur la santé de la personne vaccinée,
son état actuel, ses antécédents médicaux,
ainsi que sur les allergies éventuelles
et les réactions allergiques au vaccin et
tous ces sujets sont abordés avec attention.
Ensuite, on passe aux choses sérieuses.
Michele Rousseau prélève alors le vaccin
laiteux avec adjuvant à partir d'une fiole.
Les adultes et les enfants de plus de 10 ans
reçoivent une dose de 0,50 ml alors que
les enfants plus jeunes reçoivent une demidose.
Pour le garçonnet, Mme Rousseau
extrait donc 0,25 ml de la solution.
Le vaccin, qui est réfrigéré, doit être préparé avec soin. Une fois sorti de la glacière, le vaccin doit
être utilisé dans les quatre heures. Une fois dans la seringue, le
vaccin doit être administré dans l'heure qui suit pour optimiser
son efficacité.
Lorsque le vaccin est prêt, il est prélevé à l'aide d'une
seringue hypodermique. La Région sanitaire de Winnipeg a
adopté ce type de seringue il y a environ trois ans, car elle est
munie d'une aiguille rétractable qui accroît la sécurité en prévenant
les blessures causées par les aiguilles chez les travailleurs
de la santé.
Avec une seringue chargée et prête pour le vaccin, Michele
Rousseau se tourne vers le petit garçon pour lui offrir un jouet
en caoutchouc violet afin de le distraire. Ensuite, elle relève
la manche du garçon et cherche la zone cible, habituellement
située vis-à-vis le muscle deltoïde du bras, juste au-dessous de
l'os de l'épaule. En langage infirmier, on parle du « point de
repère ».
Il est essentiel d'atteindre le point de repère, soit une zone
de la taille d'un timbre-poste. Le vaccin contre le virus H1N1
contient en fait un virus mort et il doit être injecté dans le
muscle pour tromper l'organisme et l'amener à produire les
anticorps nécessaires pour combattre l'infection causée par le
virus H1N1 vivant actuellement en circulation.
Une fois le point de repère trouvé, Mme Rousseau nettoie la
zone avec un tampon imbibé d'alcool et plonge d'une main
experte l'aiguille dans le bras. Lorsque le vaccin entre dans le
muscle, le piston de la seringue se déclenche et l'aiguille se
rétracte automatiquement dans la cartouche.
Du nettoyage de la zone à l'injection, le processus n'exige
que trois secondes et le petit garçon n'a rien senti.

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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