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Se préparer pour le virus H1N1
Une lettre de la Région sanitaire de Winnipeg
PAR DR. BRIAN POSTL
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, automne 2009
D'après les données dont nous disposons, il semble certain que
le virus de la grippe H1N1 touchera plus de personnes cet
automne et cet hiver. Par contre, difficile de dire combien!
Des organismes, comme l'Organisation
mondiale de la santé, affirment que le
virus s'est imposé comme la souche virale
grippale dominante dans de nombreuses
parties de l'hémisphère Sud, et préviennent
de l'imminence d'une deuxième vague en
Amérique du Nord et en Europe. En même
temps, l'Organisation ajoute que la souche
virale ne montre aucun signe de mutation vers
une forme plus virulente, voire mortelle.
Face à tout ce qui se dit au sujet d'une
éventuelle résurgence du H1N1 cet automne
et cet hiver, les gens s'inquiètent quelque peu
des risques potentiels qu'eux-mêmes et leur
famille encourent. C'est bien compréhensible.
Personne ne veut indûment s'exposer, non
plus que les membres de sa famille, à ces
risques.
L'urgence qui entoure le virus H1N1
provient de sa soudaine apparition au
Mexique au printemps dernier, et de la
capacité qu'il semblait avoir à se répandre
rapidement et à entraîner le décès de
nombreuses personnes qui y ont été exposées.
Nous avons depuis lors obtenu plus de
renseignements, ce qui nous permet d'avoir
une meilleure perspective sur la menace. Par
exemple, nous savons maintenant que de
nombreuses personnes infectées par le virus
ne montreront que peu de symptômes, voire
pas du tout, alors que d'autres seront malades
mais en mesure de se rétablir à domicile.
Cela dit, la menace que représente le virus
H1N1 est sérieuse. Les malades peuvent en
être très gravement malades, et un nombre
important de personnes sont décédées de
complications liées au virus. Dans notre
tentative d'évaluation du risque, nous ne
pouvons qu'être prudents : ne pas paniquer,
mais ne pas prendre la situation à la légère
non plus.
Par conséquent, la question logique à se
poser est donc la suivante : que doit-on, ou
que peut-on, faire pour réduire le risque de
tomber malade? Heureusement, nous ne
sommes pas à court de mesures à prendre.
En fait, nous venons, au sein de la Région
sanitaire de Winnipeg, de mettre la dernière
main à un plan d'action qui a pour but de
prévenir la propagation du H1N1 et de mieux
traiter ceux qui sont touchés par le virus.
Dans ce troisième numéro du Courant,
vous trouverez un rapport spécial sur le
H1N1. En plus d'une histoire qui permet
d'illustrer à quoi ressemble le virus, vous
trouverez une foule de renseignements sur
la manière dont vous et les membres de
votre famille pouvez contribuer à réduire
le risque d'être infecté par le virus. Vous
trouverez également de l'information sur nos
campagnes de vaccination de masse, contre à
la fois la grippe saisonnière et le virus H1N1,
de même que d'autres mesures mises en
oeuvre pour tenter de prévenir la propagation
du H1N1 et pour soigner ceux qui en seront
malades. Des centaines d'employés de la
Région sanitaire de Winnipeg, souvent en
collaboration avec des groupes extérieurs, tels
que les gouvernements provincial et fédéral,
et la Ville de Winnipeg entre autres, ont
travaillé d'arrache-pied pour élaborer ce plan
d'intervention immédiate, et j'ai confiance
que nous sommes en bonne position pour
affronter la menace du H1N1.
Cependant, la prévention de la grippe
ne s'arrête pas aux vaccins et au nombre
d'employés mobilisés. À mesure que le virus
s'est propagé dans la province au printemps
dernier, il est clairement apparu que certains
groupes, au sein de la population générale,
étaient plus vulnérables devant des maladies
et des maux, tels que le virus H1N1. En
effet, s'il n'est pas juste de dire que le virus
fait de la discrimination, car il s'attaque à
tout le monde, il est par contre juste de dire,
et même très important de souligner, qu'il
semble avoir été particulièrement virulent
dans certaines communautés de Premières
nations. La science n'a pas encore de réponse
à ce phénomène, mais à mon avis, nous en savons assez pour affirmer que la raison réside
en partie dans le fait que nombre de résidents
de ces communautés sont loin de vivre dans
des conditions idéales. Un accès difficile à
des aliments sains, une vie de promiscuité,
le manque d'eau courante constituent autant
d'éléments qui minent la santé d'une personne,
rendant cette dernière plus vulnérable aux
maladies chroniques ou aux infections, telles
que le virus H1N1.
En tant que Région sanitaire, nous sommes
déterminés à faire tout notre possible pour
traiter tous les patients qui frapperont à nos
portes. Mais notre devoir et nos responsabilités
ne s'arrêtent pas là. Comme nous l'avons
mentionné dans un rapport publié l'an dernier
par des professionnels de la médecine du
Canada, les conditions sociales et économiques
peuvent avoir une influence néfaste sur la santé
et le bien-être des individus, ce qui se traduit
par un écart d'équité en matière de santé entre
ceux qui vivent dans la pauvreté et les autres.
Toujours en tant que Région sanitaire,
nous nous efforçons de tout faire pour
atténuer cet écart. À cet effet, nous avons,
par l'intermédiaire de divers programmes de
sensibilisation du public, pris des mesures
afin de collaborer avec nos partenaires
communautaires en vue de fournir des
renseignements sur les soins et le bien-être
à ceux qui vivent dans des conditions moins
qu'idéales. Nous avons un programme de santé
destiné aux Premières nations pour appuyer les
efforts de sensibilisation auprès des populations
autochtones vivant à Winnipeg et dans les
collectivités dispersées à travers le Manitoba et
le Nunavut. Forts de l'expérience du printemps,
nous avons créé un comité d'étude sur les
moyens d'améliorer la prévention vis-à-vis du
H1N1, et les soins à donner aux Premières
nations. Entre-temps, Catherine Cook, qui
dirige notre programme de santé visant les
Autochtones, a été nommée par la province
en qualité de conseillère sur les questions
inhérentes au H1N1.
La Région sanitaire de Winnipeg intervient
également d'autres manières tout aussi
importantes. Par exemple, nous avons versé
250 000 $ au Conseil sur la réduction de la
pauvreté de Winnipeg, et offert 600 000 $
pour réduire le nombre de sans-abri dans notre
collectivité. Ces efforts n'élimineront pas la
menace à la santé que posent le virus H1N1 et
d'autres maladies et infections. Cependant, ils
peuvent potentiellement réduire les risques qui
y sont liés. En outre, ils contribuent à
mettre en évidence la détermination de
la Région sanitaire de Winnipeg à
prendre soin de tous, sans exception.

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Le Courant
Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.
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