Votre santé

Le VPH et vous

Comment réduire votre risque de développer le cancer du col utérin

PAR LINDA COOTE
Région sanitaire de Winnipeg
Le Courant, automne 2009

Qu'est-ce que le papillomavirus (VPH)?

Le papillomavirus (VPH) est un virus qui peut infecter de nombreuses parties du corps chez l'homme et chez la femme. Il existe plus de 100 différents types de VPH. Certains posent un faible risque et d'autres présentent un risque élevé selon leur potentiel cancérogène. Il y a 15 types connus de VPH à risque élevé qui peuvent causer des lésions précancéreuses et le cancer du col utérin; ils peuvent également causer le cancer buccal et le cancer anal.

Le système immunitaire se débarrasse de la plupart de ces infections sans qu'on sache qu'on en était atteint. Une infection persistante par un virus à risque élevé peut mener à des changements précoces dans les cellules du col utérin (dysplasie). Si ces changements ne sont pas décelés par des tests et traités, ils peuvent évoluer et se transformer en cancer du col utérin (la partie inférieure de l'utérus qui conduit au vagin). Certains virus à faible risque peuvent causer des verrues génitales et même des dysplasies. Ces dernières ne se transforment habituellement pas en cancer.

Comment contracte-t-on le VPH?

Certains types de VPH peuvent se propager durant un contact sexuel avec une personne déjà infectée. Les contacts sexuels incluent les contacts cutanés (peau-à-peau) avec le vagin, la vulve (partie externe des organes génitaux féminins), le pénis, le scrotum, l'anus ou la bouche. On estime que le VPH est l'une des infections transmises sexuellement (ITS) les plus communes au Canada et partout dans le monde. Toute personne qui a des contacts sexuels peut contracter le virus.

Quels sont les signes et les symptômes d'une infection au VPH?

La majorité des infections au VPH ne présentent pas de symptômes. Il est donc facile pour les gens infectés de le propager aux autres sans le savoir. Il est possible de contracter plus d'une infection au VPH à la fois. Alors que la plupart de ces infections disparaissent sans traitement, certaines persistent et peuvent causer des verrues cutanées et génitales, mais ce qui est plus grave, le cancer du col utérin, ou plus rarement, le cancer du vagin, de la vulve, du rectum, du pénis et de la bouche.

Comment peut-on prévenir ou réduire le risque d'infection au VPH?

La seule façon de prévenir une infection au VPH est de ne pas avoir de contacts sexuels (contacts peau-à-peau) avec le vagin, la vulve, le pénis, le scrotum ou l'anus. Vous pouvez réduire votre risque en :

  • retardant le moment où vous devenez sexuellement actif.
  • limitant le nombre de vos partenaires sexuels.
  • utilisant des condoms, ce qui offre une protection contre le VPH et d'autres infections transmises sexuellement, mais la peau qui n'est pas couverte par le condom peut encore être exposée et infectée.
  • tenant compte des antécédents sexuels de vos partenaires, qui pourraient ignorer qu'ils sont infectés par le VPH.
  • ayant de bonnes et saines habitudes, notamment ne pas fumer, avoir un régime alimentaire sain, faire beaucoup d'exercice et se reposer.
  • se faisant immuniser grâce au vaccin contre le VPH afin de réduire le risque d'infection, les lésions précancéreuses et le cancer du col utérin. Les vaccins actuels contre le VPH protègent seulement contre certains types de VPH.

Une fois que votre corps est arrivé à maturité, et si vous choisissez d'avoir des rapports sexuels, il est recommandé de consulter un médecin pour subir des vérifications régulières, incluant le test de PAP pour le col de l'utérus. Pour plus d'information sur l'éducation sexuelle, visitez le site du Sexuality Education Resource Centre Manitoba.

Quel est le lien entre une infection au VPH et le cancer du col utérin?

Le VPH peut causer des changements dans les cellules du col utérin, appelés dysplasie du col utérin (cellules anormales). Avec le temps, ces changements peuvent évoluer, demeurer les mêmes ou s'aggraver. S'ils sont graves et non traités, un cancer du col utérin peut se développer. Le VPH est considéré comme un facteur causal dans pratiquement tous les cancers du col utérin, et environ 70 pour cent des cancers sont associés aux types 16 et 18 du VPH, deux des types de VPH ciblés par le vaccin contre ce virus.

Combien de femmes développent le cancer du col utérin?

Chaque année, approximativement 1 350 femmes canadiennes sont diagnostiquées comme ayant un cancer du col utérin, et environ 400 femmes meurent annuellement de cette maladie. Au Manitoba, près de 45 femmes sont diagnostiquées chaque année comme étant atteintes de ce cancer, et une quinzaine de décès sont signalés annuellement.

Qu'est-ce que le vaccin contre le VPH?

Des vaccins contre le VPH ont été mis au point depuis de nombreuses années. À l'heure actuelle, il n'y a qu'un seul vaccin dont l'utilisation a été approuvée par Santé Canada. Lorsqu'il est administré avant qu'une personne n'ait été exposée au VPH, il est très efficace pour prévenir l'infection par deux des types de VPH à risque élevé. Ces types à risque élevé (les types 16 et 18) sont responsables d'environ 70 pour cent des cancers du col utérin. Le vaccin procure également une protection contre deux types de VPH à faible risque (les types 6 et 11), qui causent près de 90 pour cent de toutes les verrues génitales.

Le vaccin est administré en trois doses distinctes (aiguilles/piqûres) dans la partie supérieure du bras sur une période de six mois. Les essais cliniques ont montré que ce vaccin est efficace pendant au moins cinq ans. On ne sait pas actuellement si une injection de rappel sera nécessaire.

Pourquoi le vaccin contre le VPH est-il recommandé pour les femmes?

Parce qu'il prévient les infections par le VPH qui peuvent causer des changements précancéreux dans le col de l'utérus, on s'attend à ce que le vaccin réduise le taux des tests de PAP anormaux et le pourcentage de cancers du col utérin. Actuellement, le vaccin n'est approuvé par Santé Canada que pour une utilisation chez les femmes. Par conséquent, contrairement à la plupart des vaccins, le but du programme est de réduire le risque chez les femmes vaccinées, plutôt que de réduire la propagation du VPH dans la population entière. Les femmes qui reçoivent le vaccin devraient continuer à subir des tests de PAP régulièrement, parce que le vaccin ne protège pas contre tous les types de VPH potentiellement cancérogènes et parce qu'il n'a pas fait l'objet d'études assez longues pour montrer combien de cancers seront empêchés.

Pour obtenir plus d'information sur le dépistage, les femmes devraient en parler avec leur fournisseur de soins de santé ou communiquer avec les responsables du Programme manitobain de dépistage du cancer du col utérin.

Qui devrait recevoir le vaccin?

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande le vaccin pour les femmes âgées de 9 à 26 ans. On croit que le vaccin est le plus efficace avant qu'une personne ne commence à avoir des rapports sexuels, mais les femmes âgées de 9 à 26 ans peuvent tout de même le recevoir même si elles sont déjà actives sexuellement. Ces dernières peuvent être infectées par un type de VPH contenu dans le vaccin, mais elles peuvent quand même bénéficier de la protection qu'offre le vaccin contre les autres types de VPH. Les femmes chez qui on a déjà décelé des anomalies grâce au test de PAP, incluant le cancer du col utérin, ou qui ont des verrues génitales ou une infection connue au VPH pourraient encore bénéficier du vaccin. Il se peut que ces femmes n'aient pas été infectées par les types de VPH inclus dans le vaccin, et il très improbable qu'elles aient été infectées par les quatre types de VPH contenus dans le vaccin. Le CCNI leur recommande donc de recevoir le vaccin. Cependant, il faudrait les informer qu'il n'existe pas de données qui suggèrent que le vaccin aura un effet thérapeutique quelconque sur les lésions existantes du col utérin. Le vaccin ne traite pas les infections au VPH existantes ni les verrues génitales ni les anomalies du col utérin.

À qui offrira-t-on le vaccin au Manitoba?

Santé et vie saine Manitoba a instauré un programme de vaccination volontaire financé par le secteur public pour les jeunes filles de 6e année seulement. Ce programme sera mené à bien par des infirmières de la santé publique. Avant qu'une jeune fille reçoive le vaccin, on fournira aux parents ou à ses tuteurs légaux de l'information sur les infections au VPH et sur le vaccin ainsi qu'un formulaire de consentement.

Qui ne devait pas recevoir le vaccin?

Les jeunes filles et les femmes âgées de moins de 9 ans ou de plus de 26 ans. La sûreté et l'efficacité du vaccin ne peuvent pas être évaluées chez les enfants de moins de neuf ans. En outre, le vaccin ne devrait pas être administré :

  • aux femmes enceintes.
  • à quiconque est allergique à n'importe lequel des ingrédients mentionnés dans la trousse d'information sur le vaccin.
  • aux personnes qui présentent des symptômes d'hypersensibilité après avoir reçu une dose de vaccin.

Le vaccin contre le VPH est-il sûr?

Oui, le vaccin est considéré comme sûr, mais comme pour tous les vaccins, des événements indésirables peuvent survenir, y compris des réactions rares mais parfois mortelles. Santé Canada a procédé à un examen scientifique de la qualité, de la sûreté et de l'efficacité du vaccin et a approuvé son utilisation.

Quels sont les effets secondaires possibles?

Les effets secondaires les plus souvent signalés du vaccin sont : de la douleur, de l'enflure, des démangeaisons et des rougeurs au point d'injection, de la fièvre, de la nausée, des étourdissements, des maux de tête et des vomissements. Des pertes de connaissance ont également été rapportées. Il peut y avoir perte de connaissance après la vaccination, surtout chez les adolescentes et les jeunes adultes. Comme pour tout vaccin ou médicament, des réactions allergiques (anaphylactiques) graves et parfois mortelles peuvent survenir, avec des symptômes tels que de la difficulté à respirer, une respiration sifflante (bronchospasme) et de l'urticaire ou des démangeaisons. L'observation des personnes ayant reçu un vaccin pendant au moins 15 minutes après la vaccination est une pratique coutumière en santé publique. Comme pour les autres vaccins, les effets secondaires qui ont été observés après la vaccination comprennent : l'enflure des glandes (cou, aisselles, aine), le syndrome de Guillain-Barré, une rare forme de paralysie habituellement temporaire a été signalée, mais son lien réel avec le vaccin n'a pas été confirmé. Pour obtenir plus d'information sur les autres effets secondaires rarement signalés, veuillez consulter votre infirmière de la santé publique ou votre médecin.

Linda Coote est infirmière autorisée et gestionnaire de la ligne d'aide Health Links - Info Santé de la Région sanitaire de Winnipeg.

Le Courant

Le Courant est publié six fois l'an par le région sanitaire de Winnipeg, en collaboration avec le Winnipeg Free Press. Le magazine est disponible dans les kiosques à journaux, les hôpitaux et les cliniques de la région de Winnipeg, et chez McNally Robinson Books.

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